Sophie Rose Jenkins, ancienne étudiante en littérature comparée et en études classiques à l’université de St Andrews, a décidé de ne pas y retourner cette année universitaire en raison de son vécu du classisme sur le campus. Dans un message publié sur LinkedIn, Jenkins a expliqué comment les étudiants issus de milieux modestes ont souvent honte de leur vie familiale à l’université. Tout en reconnaissant le privilège que représente l’accès à l’enseignement supérieur, elle a également souligné le privilège invisible d’avoir la possibilité de se consacrer pleinement à ses études, mettant en lumière l’écart non résolu entre ces deux formes de privilège. Son intervention a trouvé un écho auprès de nombreux autres étudiants, suscitant des débats sur les différences de classe au sein de l’université.
Le modèle de financement des universités écossaises, souvent confrontées à des défis financiers, a contribué à accentuer les tensions à St Andrews. Les étudiants écossais, qui étudient gratuitement, représentent environ 30 % du corps étudiant, un chiffre plafonné par le gouvernement écossais. Les prêts d’entretien et les bourses couvrent les dépenses de base, mais les étudiants issus de familles à faible revenu disposent souvent de moins d’argent de poche que leurs camarades plus aisés, y compris les étudiants internationaux qui paient des frais bien plus élevés. Classée deuxième dans le palmarès 2026 du Guardian, St Andrews accueille un pourcentage élevé d’étudiants issus d’écoles privées. La ville médiévale, avec ses ruelles pavées, sa plage balayée par le vent et ses imposants bâtiments en pierre, a depuis longtemps la faveur de l’aristocratie britannique, dont le prince William et la princesse de Galles.
L’afflux récent d’étudiants américains a modifié la dynamique du campus, les États-Uniens représentant environ un cinquième des étudiants de premier cycle à St Andrews, soit la proportion la plus élevée du Royaume-Uni. Chaque étudiant américain paie 33 250 livres sterling pour cette année universitaire, soit plus du triple de ce que paient les étudiants britanniques. Une première année écossaise, boursière, qui étudie les classiques, a confié que ses parents s’inquiétaient de son arrivée à St Andrews, redoutant qu’elle ne soit mise à l’écart. Elle a remarqué que la plupart des personnes qu’elle a rencontrées étaient des étudiants internationaux, dont certains semblaient ignorer le coût de la vie.
Les étudiants ont également observé l’émergence d’une culture mêlant les traditions des fraternités et des sororités américaines à l’expérience des élites dans la vie universitaire britannique. Les dîners et bals en tenue de soirée rivalisent désormais avec les défilés de mode et les sociétés exclusives. À quelques pas du bar de l’union étudiante, une boutique de décoration intérieure propose des draps de luxe pour étudiants, tandis qu’un café très fréquenté vend des vêtements de créateurs et des bougies en même temps que des thés matcha de spécialité.
St Andrews a indiqué avoir contacté Jenkins pour mieux comprendre son expérience, mais celle-ci a choisi de ne pas donner suite pour l’instant. L’université a souligné disposer d’un système solide pour recueillir les plaintes et a fait remarquer que seulement quelques dizaines de signalements avaient été enregistrés au cours des cinq dernières années. Le vice-recteur Niall Scott a reconnu que certains étudiants arrivent avec des opinions immatures, offensantes et classistes, mais a précisé que ces attitudes ne les quittent généralement pas avec eux. Il a estimé que le problème ne concernait pas uniquement St Andrews, mais la société dans son ensemble, le classisme prenant racine au sein de la famille ou à l’école. Il a insisté sur le rôle des universités dans la remise en question de ces attitudes en réunissant des personnes issues de milieux différents.
Le débat sur le classisme dans les universités écossaises n’est pas nouveau. En 2024, l’université d’Édimbourg a publié des conseils à l’intention des étudiants sur la manière de se traiter mutuellement, face à la hausse des plaintes pour discrimination et classisme, leur demandant de ne pas faire les snobs. À St Andrews, certains étudiants ont souligné que le problème du classisme ne relevait pas uniquement de l’afflux d’étudiants américains, mais aussi d’attitudes plus larges. Une étudiante en sciences a évoqué l’idée que les étudiants issus de milieux modestes ne pouvaient pas parler des problèmes se déroulant ailleurs dans le monde, sous prétexte qu’ils n’avaient pas voyagé autant. Rasmus, un étudiant danois, a exprimé son incompréhension face à la dynamique sociale de l’université, précisant qu’il lui avait fallu deux semaines pour rencontrer un Écossais, tant les étudiants étaient entourés de personnes capables de payer des frais de scolarité internationaux.
L’université de St Andrews sous le feu des projecteurs pour son élitisme et ses clivages sociaux
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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