Une prime CEE stimule les ventes de voitures électriques d'occasion

Depuis le 1er septembre 2026, une nouvelle prime CEE dédiée aux voitures électriques d'occasion transforme le marché automobile en France. Entre la hausse des ventes et le prix élevé des carburants, la question est devenue cruciale pour les acheteurs. Des carburants à plus de 2 euros le litre, des pénalités qui augmentent et un marché de l'occasion en ralentissement. Pour de nombreux automobilistes, octobre 2026 ressemble à un nouveau tournant compliqué. Le marché des voitures d'occasion continue de reculer, avec 448 986 transactions, soit une baisse de 7,2 % en un an. Pourtant, dans ce recul général, un segment fait exactement le contraire. Les voitures électriques d'occasion se vendent plus vite que jamais. En octobre 2026, leurs ventes ont bondi de 42,8 %. Elles ont atteint 27 961 transactions, soit 6,23 % du marché de l'occasion. Cette progression contraste avec le recul des véhicules diesel et essence. Elle s'explique aussi en grande partie par un nouveau coup de pouce financier. Il est toutefois important de savoir qui peut en bénéficier et à quelles conditions.

Les voitures électriques d'occasion en hausse de 42,8 %

Sur un marché global de l'occasion en baisse, la progression des modèles zéro émission est spectaculaire. Les transactions de véhicules diesel ont reculé de 16,9 % et celles des véhicules essence de 8,7 %. Dans le même temps, les voitures électriques d'occasion ont progressé de 42,8 % en un an. Au total, 27 961 voitures électriques d'occasion ont changé de mains en octobre 2026, sur 448 986 transactions toutes motorisations confondues. Les modèles zéro émission ont également progressé de 43,0 %, tandis que les autres catégories de vignette environnementale ont reculé. Ce changement ne se limite pas au marché de l'occasion.

Une transformation du marché qui met en lumière la croissance des véhicules électriques

Octobre 2026 confirme une fois de plus la profonde transformation du mix énergétique automobile : en un an, la part de marché des voitures électriques neuves est passée de 24 % à 41 %, illustrant l'accélération de la transition vers l'électrique. Malgré l'arrivée de nouveaux entrants concurrentiels et expérimentés, comme l'ont montré les Mondial de l'Auto à Paris, les constructeurs traditionnels conservent leur attrait grâce à des modèles qui répondent aux attentes des acheteurs, explique Marie-Laure Nivot, responsable de l'analyse du marché automobile chez AAA DATA.

Ventes de voitures électriques d'occasion entre professionnels et particuliers

Dans le détail, les ventes de voitures électriques d'occasion entre professionnels et particuliers ont atteint 19 530 unités. Elles représentent 69,85 % du total des voitures électriques d'occasion. Les transactions entre particuliers ont également fortement augmenté, avec une hausse de 66,8 %. Cet engouement s'explique en partie par la flambée des prix du diesel, autour de 2,30 euros le litre. Le SP95-E10 coûte quant à lui environ 2,12 euros en octobre 2026. Des taxes plus strictes sur les voitures neuves à essence et diesel jouent également un rôle. La pénalité CO2 s'applique à partir de 108 g/km, et la pénalité liée au poids au-delà de 1 500 kg. Cependant, depuis le 1er septembre 2026, un nouvel élément a fait pencher la balance : une prime CEE spécifique à l'achat ou à la location longue durée d'une voiture électrique d'occasion.

Détails de la prime CEE et critères d'éligibilité

Cette aide repose sur le dispositif des certificats d'économies d'énergie, avec un formulaire dédié appelé TRA-EQ-133. Elle est ouverte aux particuliers comme aux entreprises, sans condition de revenus. Elle vise l'achat ou la location longue durée d'une voiture particulière électrique d'occasion. Pour être éligible, le véhicule doit répondre à plusieurs critères essentiels : être 100 % électrique et appartenir à la catégorie des voitures particulières ; avoir été immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023 ; être acheté ou loué auprès d'un professionnel de l'automobile, avec un contrat d'au moins 36 mois et une durée de détention du véhicule de trois ans ; disposer d'une batterie en bon état, avec un état de santé d'au moins 80 % ou une autonomie résiduelle d'au moins 200 km ; ne pas avoir déjà bénéficié d'une prime CEE pour le même véhicule, avec une limite de cinq véhicules par particulier ; les hybrides, les véhicules thermiques et les véhicules utilitaires légers ne sont pas éligibles à cette prime.

Montant de la prime CEE et bonus temporaire

Chaque véhicule éligible ouvre droit à une somme forfaitaire de 42 200 kWh cumac. Ce volume est calculé sur une durée de vie conventionnelle de 12 ans. Le dispositif s'applique aux opérations engagées entre le 1er septembre 2026 et le 31 août 2030. Le montant de la prime dépend de l'obligé qui achète les certificats d'économies d'énergie. Dans la pratique, plusieurs plateformes annoncent des montants allant d'environ 300 à 500 euros pour un ménage type. Pour les revenus modestes, ces montants peuvent être légèrement plus élevés, selon les offres. Un bonus temporaire vise également les aides à domicile et certains services d'autonomie à domicile. Il permet d'atteindre un niveau d'aide d'environ 2 000 à 2 250 euros par véhicule. Ce bonus s'applique aux opérations engagées entre le 1er septembre et le 31 décembre 2026.

Conditions d'achat ou de location pour bénéficier de la prime CEE

L'achat ou la location doit être finalisé avant le 1er juillet 2027. Le véhicule ne doit pas dépasser 25 000 euros toutes taxes comprises, ni 1 800 kg en poids en ordre de marche. Cela garantit un coup de pouce important pour les petites citadines électriques d'occasion et les modèles compacts. Reste à savoir si cette combinaison de prime CEE et de carburants chers continuera de soutenir les ventes. Les prochains mois diront si le boom actuel des voitures électriques d'occasion est durable.