Les jeunes Indonésiens manifestent à nouveau en 2025

Des milliers d'étudiants indonésiens sont descendus dans la rue en octobre 2025 sous le mot-clé #IndonesiaSadar, réclamant que le gouvernement de Prabowo Subianto agisse face aux incendies de forêt, les plus graves depuis plus de dix ans. Ces manifestations faisaient suite à des mouvements de protestation survenus en février et en août 2025, également marqués par de fortes tensions à travers le pays.

Les origines de la contestation

La colère de la jeunesse indonésienne est alimentée par des problèmes de longue date : le coût de la vie élevé, la hausse des frais de scolarité, l'instabilité de l'emploi, le rétrécissement de l'espace démocratique et la défiance largement répandue envers une classe politique perçue comme corrompue. Ces préoccupations ne sont pas propres à l'Indonésie : des manifestations similaires ont eu lieu dans des pays comme la France, l'Espagne et l'Inde.

Réponse du gouvernement et répression

Au lendemain des manifestations de l'été 2025, le gouvernement indonésien est accusé de criminaliser arbitrairement la dissidence. De nombreux jeunes manifestants, ainsi que des internautes ayant exprimé des opinions critiques, ont fait l'objet d'arrestations massives et de poursuites judiciaires. Plutôt que de répondre aux revendications, le gouvernement a renforcé la militarisation de l'administration publique et de la sécurité.

Les médias mettent en lumière la crise de confiance

Le média indonésien Konde souligne que l'indifférence face aux manifestations de la jeunesse risque de faire perdre à celle-ci sa confiance dans la démocratie. Il établit un parallèle entre les étudiants indonésiens et les lycéens français, qui s'interrogent tous deux sur la question de savoir si l'État œuvre réellement à répondre aux besoins des citoyens ou se contente d'attendre d'eux qu'ils acceptent le statu quo.

La résilience de la jeunesse et l'« effet matcha »

Malgré la répression, la jeunesse indonésienne continue de manifester, sa colère étant nourrie par les difficultés économiques et la désillusion politique. L'expression « effet matcha » est apparue pour décrire la manière dont les jeunes Indonésiens gèrent leur anxiété, symbolisée par l'accessibilité du poulet frit, qui sert d'indicateur du pouvoir d'achat dans le pays.