Le réseau ferroviaire des Alpes du Sud peine face à un parc vieillissant

Le réseau ferroviaire des Alpes du Sud, un élément essentiel des transports régionaux en France, fait face à de sérieuses difficultés liées à des infrastructures vieillissantes, à des investissements insuffisants et à une fréquence de service limitée. La ligne Marseille-Briançon, qui dessert les zones rurales des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence et de la Drôme, ne propose que trois allers-retours par jour, avec plus de cinq heures entre deux départs, ce qui réduit la souplesse offerte aux voyageurs.

La gare de Veynes confrontée à des problèmes de service

La gare de Veynes, un pôle clé du réseau ferroviaire des Alpes du Sud, a vu son guichet fermer en 2023. Un service mobile assure désormais l'accueil depuis un snack-bar. Ce changement a compliqué la vie des voyageurs, en particulier des plus jeunes, qui trouvent le système de billetterie via application difficile à utiliser. Le collectif Veynes Railway Star, créé en 2016, plaide pour de meilleures infrastructures et davantage de croisements.

Infrastructures vieillissantes et vitesses réduites

La ligne des Alpes du Sud, qui fête ses 150 ans en 2025, présente des voies qui n'ont pas été remplacées, ce qui entraîne une baisse de la vitesse des trains. Le collectif espère que les fonds liés aux Jeux olympiques d'hiver de 2030 permettront de réduire ces ralentissements. Toutefois, le tronçon de 22 km reliant Digne-les-Bains à la ligne alpine est à l'abandon depuis 1991, ce qui prive la principale ville des Alpes-de-Haute-Provence de tout accès au réseau ferroviaire. Selon SNCF Réseau, rétablir cette liaison coûterait plus de 100 millions d'euros.

Le déclin ferroviaire et le sous-investissement en France

En France, les petites lignes ferroviaires déclinent en raison d'un sous-investissement chronique, au profit du réseau à grande vitesse TGV. Entre 2019 et 2024, 1 167 km de voies ont été fermés, soit 2,4 % du réseau. Bien que les investissements ferroviaires aient augmenté, ils restent insuffisants pour empêcher la dégradation de la qualité du service. La France consacre 4,5 milliards d'euros par an à la régénération ferroviaire, soit environ 70 euros par habitant, un montant bien inférieur à celui de l'Angleterre et de la Suisse.

Des efforts de financement de la SNCF encore incertains

La SNCF a cherché à se financer par des certificats d'économies d'énergie, des partenariats public-privé et des fonds européens. Ces efforts n'ont toutefois pas rassuré les acteurs du rail, car l'État a promis un milliard d'euros à partir de 2028, un engagement qui reste incertain. La SNCF a également misé sur les bénéfices générés par les usagers du TGV pour financer la régénération des voies, mais ces efforts sont jugés insuffisants pour sauver le réseau « structurant ».

Un fardeau financier croissant pour les régions

Le gouvernement français transfère de plus en plus la responsabilité financière de ces lignes aux Régions, qui peinent déjà à équilibrer leurs budgets. SNCF Réseau prévoit une hausse de 39 % des péages facturés aux TER d'ici 2033, ce qui complique encore la situation des services ferroviaires régionaux. Le milieu ferroviaire reconnaît que la France a manqué d'ambition pour préserver un réseau qui fut autrefois exemplaire, alors même que le train joue un rôle clé dans la mobilité durable.