Une semaine après que le mouvement lycéen en Île-de-France se soit étendu à l’échelle nationale, une importante mobilisation de la jeunesse a eu lieu à Tours mardi 6 octobre, dès le début de l’après-midi à la place de la Liberté. Soutenus par les syndicats enseignants, des élus locaux de gauche et des partis politiques, les étudiants ont défilé en direction de la place Jean Jaurès sous un ciel ensoleillé. Des milliers de personnes ont participé à ce qui a été surnommé l’Acte III, une manifestation d’une ampleur comparable à celle du rassemblement intersyndical du 29 septembre, centré sur la question des salaires. En tête de cortège, lycéens et étudiants ont porté leurs revendications : remplacement régulier des enseignants absents, allègement des emplois du temps impactés par la réforme Blanquer, davantage de moyens pour les infirmières scolaires, l’arrêt des suppressions de postes pour éviter la surcharge des classes, ainsi qu’un plan de rénovation des lycées. Ces préoccupations rejoignent celles des syndicats enseignants, ce qui explique la convergence des différents groupes dans ce mouvement. Tout au long du parcours, de nombreuses banderoles et slogans ont dénoncé le manque de réactivité du gouvernement face aux besoins des élèves et des lycéens. Le Premier ministre avait demandé que des premières décisions soient prises d’ici la fin du mois, après le lancement d’une plateforme en ligne pour recueillir les revendications. Des références ont aussi été faites aux récentes tensions avec les forces de l’ordre, notamment des appels à la « Justice pour Maël », en hommage à un adolescent de 16 ans qui a perdu un œil lors d’affrontements mercredi dernier dans le quartier des Prébendes. Une enquête de l’IGPN est en cours pour déterminer les responsabilités, notamment celle d’un tir de lanceur de balle de défense (LBD). Après un week-end tendu marqué par des mobilisations dans plusieurs lycées de Tours et dans le centre-ville – où des feux de poubelles, des vitrines brisées et des commerces pillés ont été signalés –, les autorités ont pris des mesures de sécurité renforcées pour cette manifestation. Un hélicoptère a survolé le cortège, et la préfecture d’Indre-et-Loire a autorisé l’usage de drones tout en interdisant les objets pouvant servir à troubler l’ordre. Malgré ces précautions, la manifestation s’est déroulée dans un calme relatif, à l’exception de la rue Nationale, où une ligne de policiers a provoqué quelques échanges verbaux. Si plusieurs commerces de l’artère principale de Tours avaient baissé leurs rideaux par précaution, cette mesure est restée limitée. On notait notamment la fermeture d’une quinzaine d’entreprises dans l’agglomération tourangelle et à l’université depuis lundi, par crainte de dégradations ou de blocages.