La stratégie d'IA de Microsoft sous le feu des critiques

Microsoft fait face à des critiques croissantes au sujet de sa stratégie en matière d'intelligence artificielle (IA), que ses détracteurs qualifient de cycle néfaste susceptible de porter atteinte à l'économie du web. La préoccupation porte principalement sur les outils d'IA qui utilisent des contenus créés par des humains pour leur entraînement, ce qui pourrait fragiliser la stabilité financière des créateurs, des journalistes et des artistes, en proposant directement des réponses et en réduisant le trafic vers les contenus originaux.

Actions en justice des éditeurs

Le New York Times a intenté un procès contre Microsoft et OpenAI, affirmant que leurs outils d'IA nuisent aux intérêts financiers des créateurs de contenus. Des documents internes montrent que des employés de Microsoft ont exprimé des inquiétudes quant à l'approche de l'entreprise en matière d'IA, estimant que cette stratégie pourrait causer des dommages économiques plus larges au web.

Une spirale infernale et la collecte de données

Selon des documents internes, la stratégie d'IA de Microsoft a donné naissance à ce qu'on appelle une « spirale infernale », un cycle susceptible de nuire à la fois aux performances des modèles d'IA et au web dans son ensemble. Ces documents décrivent le processus de collecte de données destiné à entraîner les modèles d'IA comme « le plus grand vol de travail humain de l'histoire », contraire aux principes de l'usage équitable. Microsoft a toutefois pris ses distances avec certaines de ces affirmations.

Impact plus large sur les industries culturelles

La « spirale infernale » ne se limite pas au journalisme : elle touche également d'autres secteurs, comme la musique et le cinéma. Lorsque les internautes se tournent vers les résumés générés par l'IA au lieu de consulter les contenus originaux, les éditeurs voient leur trafic et leurs revenus diminuer. Cette évolution remet en question le modèle traditionnel du web, dans lequel les moteurs de recherche et les plateformes contribuaient à générer du trafic et à soutenir financièrement le journalisme.

Essor du trafic internet automatisé

Les agents automatisés, ou robots, génèrent désormais plus de trafic internet que les humains pour la première fois de l'histoire. Les données de Cloudflare indiquent que les robots représentent 57,5 % de toutes les requêtes HTTP adressées à des contenus HTML, contre 42,5 % pour les humains. Cette tendance suscite des inquiétudes quant à l'avenir de la conception web et à l'efficacité de la publicité destinée à un public humain.

Sites web générés par l'IA et évolution de la recherche

Un tiers des nouveaux sites web sont créés à l'aide de l'IA, selon des travaux de recherche menés par Stanford et l'Internet Archive. Google a intégré l'IA à son moteur de recherche avec une fonctionnalité appelée « AI Overviews », qui affiche des résumés générés par l'IA en haut des résultats de recherche. Toutefois, cette évolution a entraîné une baisse du trafic vers les sites d'origine ainsi qu'une chute de 10 % du cours de l'action Alphabet, bien que l'entreprise ait maintenu ses prévisions financières annuelles.