Dans le sud de Madagascar, la combinaison de la sécheresse, de la hausse des prix et du déclin de l’aide internationale suscite des inquiétudes face à une crise alimentaire sans précédent. Des milliers d’enfants souffrent déjà de malnutrition, et l’arrivée d’El Niño – un phénomène climatique qui provoque des températures océaniques supérieures à la moyenne dans le centre et l’est du Pacifique – aggrave les perspectives. À Ifotaka, un centre du Programme alimentaire mondial (PAM) prépare une bouillie de farine pour une douzaine d’enfants affaiblis par la malnutrition. La période de soudure, ce moment entre les récoltes où la nourriture se fait rare, n’a pas encore commencé, mais les pluies se font déjà rares, et le phénomène El Niño, annoncé comme exceptionnellement intense, fait craindre une dégradation rapide de la situation. Cette région aride, la plus pauvre de Madagascar, porte encore les stigmates de la famine de 2021-2022, lorsque quelque 30 000 personnes avaient été confrontées à des pénuries alimentaires extrêmes aux alentours d’Ifotaka. À l’époque, certaines familles se nourrissaient de cactus ou de déchets issus des tanneries. Le PAM avait alors qualifié cet épisode de première famine attribuée au changement climatique.
Les besoins croissants en nourriture inquiètent déjà les organisations humanitaires. Selon le PAM, environ 3,7 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire de niveau crise. Dans le sud du pays, 39 % des enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici avril, soit près de 270 000 enfants. La situation sanitaire est particulièrement préoccupante. À l’hôpital d’Amboasary-Atsimo, six enfants malnutris sont décédés depuis le début de l’année, contre quinze sur l’ensemble de l’année 2022, au plus fort de la crise précédente.
Les perturbations climatiques exacerbent une vulnérabilité déjà existante. Selon Tania Goosens, directrice du PAM à Madagascar, le pays a enregistré, en vingt ans, 35 cyclones, huit inondations et cinq sécheresses sévères – trois fois plus de risques liés au climat que durant les deux décennies précédentes. À Manindra, les observations des agriculteurs sont immédiates. Malgré la proximité de l’océan Indien, les pluies se font attendre. « Malheureusement, il n’y a pas de pluie », témoigne James Tsirimalaza, 46 ans, qui attend toujours les précipitations nécessaires à ses cultures.
L’aide internationale est sous pression. La sécheresse s’ajoute à la réduction des ressources humanitaires. Le PAM indique ne toucher qu’environ la moitié des 720 000 personnes qu’il avait prévues d’assister. Les cantines scolaires sont également touchées : 35 000 enfants ne bénéficient plus des repas distribués dans les écoles. La hausse des coûts complique encore les opérations. L’augmentation des prix du pétrole et de l’urée, liée aux tensions au Moyen-Orient, affecte le transport, le pompage de l’eau, les engrais, la pêche et les prix alimentaires. L’inflation annuelle des prix alimentaires à Madagascar a atteint 10,4 % en juillet, contre 6,8 % en janvier. Parallèlement, la réduction de certains financements internationaux limite la capacité des structures sanitaires et humanitaires. À l’hôpital d’Amboasary-Atsimo, le logo de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), dont les activités ont été démantelées en 2025, rappelle ce recul du soutien.
L’accès à l’eau est un enjeu décisif. Pour les habitants, l’irrigation pourrait représenter une issue possible. Eva Razafindrazaka, 51 ans, explique qu’elle ne peut pas arroser son champ, trop éloigné du point d’eau communal. À côté d’elle, son petit-fils est soigné pour malnutrition. Des pompes solaires permettent à certains agriculteurs de contourner cette difficulté, mais leur coût reste prohibitif pour la plupart. Manjomaro Andrianantenaina, 25 ans, a dépensé plus de deux millions d’ariary, soit environ 400 euros, pour creuser un puits équipé d’une pompe solaire. Un tel investissement reste inaccessible dans une région où plus de 90 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté de 2,15 dollars par jour en 2023, selon la Banque mondiale. Sans pouvoir compter sur des pluies régulières, le jeune agriculteur s’est adapté : « Avant, je m’inquiétais de la pluie quand il faisait chaud. Maintenant, je guette le soleil pour pomper l’eau. » Pourtant, dans le sud du pays, où la prochaine période de soudure approche, ces solutions restent trop rares pour répondre à l’ampleur des besoins.
La crise alimentaire s'aggrave dans le sud de Madagascar en raison de la sécheresse et de la hausse des prix
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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