Un long trajet pour recevoir des soins

Pendant trois jours, Halima Abdullahi Ibrahim a marché avec sa fille de trois ans pour atteindre un hôpital de référence à Kismayo, dans le sud de la Somalie, situé à environ 90 kilomètres de son village. L'enfant, Asho Hassan Abdi, avait développé un œdème dû à la malnutrition et a été admise dans un centre de stabilisation qui prend en charge les cas les plus graves.

Des conditions difficiles pour les familles déplacées

Dans le Jubbaland, une région du sud de la Somalie, plus de 25 000 ménages déplacés vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Ali Adan Ali, commissaire régional aux réfugiés et aux personnes déplacées à l'intérieur du pays, a déclaré que ces familles ne reçoivent plus d'aide humanitaire depuis 2023, en raison d'un manque de financement pour les organisations qui apportent une assistance.

Des taux élevés de malnutrition infantile

Une analyse utilisant la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC) montre qu'environ 1,92 million d'enfants âgés de six mois à cinq ans souffrent de malnutrition aiguë ou risquent de la développer d'ici juin 2027. Environ 433 000 de ces enfants pourraient souffrir de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus dangereuse de cette maladie.

Le sud de la Somalie fait face à de multiples crises

Plus de la moitié des enfants susceptibles de souffrir de malnutrition vivent dans le sud de la Somalie, où l'insécurité alimentaire est aggravée par des épidémies, un accès limité aux structures de santé, ainsi que par un manque d'eau potable et d'assainissement. Le risque d'inondations lié au phénomène climatique El Niño pourrait aggraver encore la situation, entraînant davantage de déplacements et rendant l'accès aux services essentiels plus difficile.

Un appel à une meilleure coordination

Sandra Lattouf, représentante de l'UNICEF en Somalie, a déclaré que les enfants continuent de mourir de malnutrition et que des maladies comme la rougeole les rendent plus vulnérables. Lors d'une visite à Kismayo, elle a appelé à une meilleure coordination entre les agents de santé communautaires, les autorités locales, le gouvernement et les organisations humanitaires afin de répondre à la crise.

Le manque de financement menace l'aide

Alors que les besoins des populations vulnérables augmentent, les ressources disponibles pour y répondre diminuent. Ce manque de financement menace la continuité de l'aide dans un pays où des milliers de familles déplacées et d'enfants restent exposés au risque d'une grave crise nutritionnelle.