Les représentants des compagnies aériennes francophones se réunissent en Corse pour discuter de défis tels que la géopolitique et la maîtrise des coûts, soulignant l'importance de la coopération pour l'avenir du secteur.
Les représentants des compagnies aériennes francophones réunis en Corse
Les représentants des compagnies aériennes francophones se réunissent à Porticcio pendant trois jours de discussions. Organisée conjointement par Air Corsica et l'Association des transporteurs aériens francophones (ATAF), la 132e assemblée générale se déroule du 15 au 17 octobre au Sofitel Golfe d'Ajaccio. À l'ordre du jour figurent notamment les conséquences des tensions géopolitiques, la cybersécurité, la maîtrise des coûts et les solutions pour améliorer la ponctualité des vols.Une tradition de rotation des compagnies d'accueil
Pour Air Corsica, accueillir cette assemblée s'inscrit dans une tradition de rotation entre les compagnies membres. « C'est une tradition qu'une des 21 ou 22 compagnies de l'ATAF accueille l'ensemble des participants à l'occasion de l'assemblée générale annuelle », explique Pierre Muracciole, président du conseil d'administration d'Air Corsica et vice-président de l'association. « C'était au tour d'Air Corsica », ajoute-t-il, en se disant particulièrement honoré d'être à la fois représentant de la compagnie hôte et membre du comité exécutif de l'ATAF.Un focus sur les défis du secteur
Les échanges portent notamment sur « les difficultés rencontrées par le transport aérien en matière de géopolitique, mais aussi de concurrence, d'assistance et de chaîne d'approvisionnement, c'est-à-dire la fourniture de pièces détachées et de moteurs d'avion ». Ces discussions sont également stratégiques pour l'avenir des transporteurs. « Les aspects stratégiques sont décisifs pour orienter un peu la direction que prendront les dirigeants pour l'avenir de leur entreprise », estime Pierre Muracciole.Des perspectives de collaboration
La rencontre peut aussi déboucher sur des accords : « Elle permet des contacts qui peuvent mener à la signature d'accords. » Des partenariats ont déjà été conclus lors d'assemblées générales précédentes, rappelle-t-il, et d'autres pourraient naître de ces temps de travail commun. Pierre Muracciole ajoute que les compagnies ont « beaucoup à gagner à partager leurs expériences et à renforcer leur coopération ». Le défi, selon lui, est de « réfléchir ensemble à l'avenir du secteur » tout en apportant des réponses concrètes aux besoins des territoires desservis.Les défis des territoires insulaires
Un défi particulier pour les territoires insulaires. Les compagnies membres partagent des préoccupations communes, parmi lesquelles la fiscalité liée à la transition écologique. « La transition écologique est l'une de nos préoccupations », relève Pierre Muracciole, tout en soulignant la nécessité de prendre en compte les réalités des territoires isolés. Pour la Corse, l'avion est indispensable au développement économique et à la création de valeur. « S'il n'y a plus de bateaux ni d'avions, la Corse ne bouge plus », résume-t-il.Hausse des coûts et nécessité de solidarité
Le général Abdoulaye Coulibaly, président de l'ATAF, évoque également les contraintes auxquelles font face les transporteurs, en particulier la hausse des prix du carburant. Celle-ci pèse sur les budgets des compagnies et les conduit à ajuster leurs tarifs. « Tout le monde se plaint, mais tout le monde prend quand même l'avion, heureusement », observe-t-il. Pour faire face aux difficultés, il appelle à la solidarité entre compagnies et à la recherche de solutions : « Il faut trouver d'autres paramètres pour pouvoir survivre. »La Corse, un cadre singulier
Le choix de la Corse donne une résonance particulière à ces échanges. « D'habitude, nous nous réunissons dans des villes », remarque Abdoulaye Coulibaly, qui apprécie le cadre insulaire et se souvient d'une première visite sur l'île en 1968, alors qu'il était élève pilote à Salon-de-Provence. Pour Marie-Hélène Casanova-Servas, présidente du conseil de surveillance d'Air Corsica, accueillir les délégations permet aussi de mettre en valeur « un territoire, ses richesses et son hospitalité ». La rencontre bénéficie du soutien de partenaires locaux, dont l'Agence du tourisme de la Corse et l'Office intercommunal de tourisme du pays ajaccien.Les difficultés opérationnelles d'Air Corsica
Cette assemblée se tient alors qu'Air Corsica doit aussi gérer des difficultés propres à ses opérations. Cinq de ses sept ATR sont cloués au sol en raison d'odeurs désagréables dont l'origine n'a pas encore été établie. Pierre Muracciole indique que les essais menés avec les équipes d'ATR et de Pratt & Whitney Canada devraient se poursuivre jusqu'au 3 ou 4 novembre. Il espère avoir davantage de visibilité sur la cause du problème dans les prochains jours, avant de définir un plan de reprise de l'exploitation des appareils, « qui peut prendre un certain temps ». Le dirigeant estime que, malgré les modifications d'horaires et quelques lignes rallongées, la compagnie a maintenu le nombre de sièges prévu dans son programme.Une reprise après la grève
Air Corsica sort également de la grève des pilotes, conclue par un accord global. Pierre Muracciole y voit un soulagement après l'interruption d'un service essentiel et affirme que la compagnie peut désormais « repartir sur des bases solides. Le dialogue social se poursuivra ».