Les chaînes d'information françaises sous surveillance

Les chaînes d'information en continu en France sont critiquées pour avoir prétendument fait la promotion de la violence ou de contenus racistes, ce qu'elles nient. Ces critiques interviennent alors que le pays approche d'une élection présidentielle tendue, et que les journalistes sont de plus en plus victimes de harcèlement ou d'agressions.

Le régulateur met en garde contre des reportages partiaux

Le 22 octobre, le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, a exhorté les chaînes de télévision et les radios à adopter une approche « rigoureuse et équilibrée » lorsqu'elles couvrent des manifestations et des violences, en particulier si ces contenus risquent de « provoquer la peur » ou d'« accroître le risque de troubles à l'ordre public ». Cette mise en garde fait suite à des plaintes concernant des émissions mettant en scène des personnalités d'extrême droite comme Éric Zemmour, ainsi que des propos controversés tenus par des chroniqueurs.

Une attaque raciste suscite une vive réaction

Après une attaque raciste dans les Yvelines, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé les chaînes d'information en continu de donner la parole à des racistes. Il a insisté sur le pouvoir de ces chaînes, affirmant qu'elles offrent un temps d'antenne gratuit à des personnes aux opinions racistes. Des syndicats de journalistes de RMC-BFM ont établi un lien entre la montée d'un racisme décomplexé à l'antenne et des conséquences directes dans la société.

La défense de la neutralité des médias

Le directeur de BFMTV, Fabien Namias, a défendu l'engagement de la chaîne en faveur du pluralisme, affirmant que rien de ce que produit BFMTV ne pouvait être comparé à de la discrimination ou à du racisme. Il souhaite « apaiser le débat » en faisant davantage intervenir à l'antenne des personnalités non politiques. Par ailleurs, des chercheurs remettent en question le modèle même des chaînes d'information, soulignant leur tendance à répéter des hypothèses jusqu'à ce qu'elles soient acceptées comme des vérités.

Les critiques pointent l'influence des médias

La sémioticienne Marie-France Chambat-Houillon et la spécialiste des sciences de l'information Jérémie Derhi affirment que les chaînes d'information en continu sont plus enclines à reproduire des stéréotypes et des préjugés sociaux. Elles suggèrent que la « fenêtre d'Overton » s'est élargie, normalisant des opinions auparavant jugées inacceptables. CNews, détenue par Canal+ France, a fait l'objet de manifestations et d'une pétition réclamant son retrait, son siège parisien ayant été pris pour cible par des manifestants.