Une pétition demandant le retrait de CNews des médias français a recueilli plus de 300 000 signatures après une attaque raciste, soulignant les inquiétudes concernant le contenu de la chaîne.
Une pétition prend de l'ampleur
Une pétition demandant le retrait de CNews des médias audiovisuels français a connu une forte hausse de signatures depuis une attaque raciste à Trappes. Le seuil de 300 000 signataires a été franchi samedi 31 octobre. La pétition qualifie la chaîne du groupe Bolloré de « machine de propagande ».Une progression rapide du soutien
La pétition, déposée sur la plateforme de l'Assemblée nationale dédiée aux pétitions citoyennes le 10 juin, était restée au départ relativement peu remarquée. Toutefois, ces derniers jours, le nombre de signataires a augmenté rapidement. Elle a franchi le seuil des 100 000 signatures jeudi, celui des 200 000 vendredi, et a dépassé les 300 000 samedi après-midi.Accusations de contenus racistes
Selon l'auteur de la pétition, Lucas Massoni, depuis 2019, CNews a accumulé 27 mises en garde de l'Arcom et 630 000 euros d'amendes, ce qui constituerait, selon lui, le record parmi les médias audiovisuels français. Il a cité des exemples de contenus diffusés par la chaîne, notamment des comparaisons de Français noirs à des « grands singes » et à des « tribus primitives », ainsi que la moquerie envers les origines d'Aya Nakamura et de Rima Hassan.Appels à une action réglementaire
M. Massoni a souligné que les amendes infligées à CNews sont payées volontairement par Vincent Bolloré, actionnaire principal de la chaîne, tant que le signal reste à l'antenne. Il a rappelé que l'Arcom, l'autorité de régulation de l'audiovisuel, peut retirer unilatéralement une convention TNT en cas de récidive, mais il doutait qu'un tel scénario se produise sans pression publique.Une attaque raciste alimente la polémique
Le succès de la pétition coïncide avec l'attaque raciste survenue à Trappes et à La Verrière (Yvelines), qui a fait un mort et sept blessés le vendredi 24 octobre. Des responsables politiques estiment que certains propos tenus sur les chaînes d'information en continu, en particulier sur CNews, contribuent à créer un climat délétère et dangereux.Réactions politiques et exclusion
Mardi dernier, une équipe de CNews n'a pas pu assister à une conférence de presse organisée par l'élu écologiste au Palais-Bourbon avec le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s). Le maire a reconnu avoir une « allergie » à l'égard de la chaîne, affirmant que si CNews avait été présente, il n'aurait peut-être pas pu rester.La suite de la pétition
La pétition, désormais transférée de la plateforme vers le site de l'Assemblée nationale, pourrait bientôt atteindre les 500 000 signatures. Ce seuil ouvrirait la voie à un éventuel débat dans l'hémicycle du Palais-Bourbon. Pour cela, il faut que les 500 000 signatures proviennent d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer.Les limites des pétitions citoyennes
Toutefois, un débat à l'Assemblée nationale n'entraînerait pas la fermeture de CNews, comme le demande la pétition, ni même l'examen automatique d'un texte de loi, ni l'engagement d'une procédure par l'Arcom. Récemment, deux pétitions ont dépassé les 500 000 signatures : l'une contre la loi Duplomb, qui a conduit à un débat dans l'hémicycle, l'autre contre la proposition de loi instaurant une « présomption d'usage légitime des armes » pour les forces de l'ordre, qui a été classée sans suite.