Une ville qui abritait autrefois 115 000 habitants n’en compte plus aujourd’hui que moins de la moitié. Un appartement meublé de trois pièces, avec électroménager, peut s’acheter pour moins de 1 000 euros. Ces deux réalités illustrent le sort d’un lieu que la Russie semble avoir largement oublié, situé bien au-delà du cercle polaire arctique. Fondée en 1932 par des prisonniers du goulag, un système de camps de travail forcé en Union soviétique, Vorkouta a été construite pour extraire le charbon dont l’URSS avait un besoin urgent. Aujourd’hui, la population est tombée à environ 50 000-57 000 habitants, principalement en raison de la fermeture des mines de charbon. Bien que des appartements dans la région puissent s’acheter pour seulement 1 000 euros, les factures de chauffage et d’électricité peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros par mois. Quelque 15 500 appartements restent vacants, car il est souvent plus rentable pour les propriétaires d’abandonner leurs biens que de continuer à payer les coûts annuels, qui s’élèvent à 7,4 millions de dollars par an, pris en charge par l’État russe.
Vorkouta a été fondée en 1932 par des prisonniers du goulag, envoyés dans l’Arctique reculé pour extraire du charbon. Aujourd’hui, la ville est isolée, sans liaison routière avec le reste du pays – les déplacements ne sont possibles qu’en train ou en avion, souvent retardés par de violentes tempêtes qui balayent la toundra pendant des mois. Cette isolation, autrefois un inconvénient, avait fait de Vorkouta une sorte d’eldorado soviétique par le passé, les mines de charbon dynamisant l’économie locale. Des travailleurs venus de toute l’URSS étaient attirés par les salaires, et la ville s’est développée autour de ses exploitations minières, qui comptaient treize mines et une douzaine de sites associés. Pourtant, une économie fondée sur une seule ressource est par nature fragile. Lorsque le charbon est devenu non rentable, la ville n’a eu aucun autre secteur sur lequel s’appuyer.
En 1989, Vorkouta comptait 115 000 habitants, un chiffre qui avait brièvement dépassé les 200 000 si l’on inclut les communautés minières environnantes. Aujourd’hui, les estimations officielles évoquent environ 50 000 à 57 000 habitants, bien que certains responsables locaux estiment que le nombre réel se situe entre 25 000 et 35 000. Le déclin démographique n’a pas été progressif, mais marqué par des vagues de départs massifs à mesure que les mines fermaient. Au moment de l’effondrement de l’Union soviétique, treize mines étaient encore en activité, mais il n’en reste aujourd’hui que quatre, ainsi qu’une unique fosse d’extraction. Moins de la moitié des mines fonctionnent encore, et le chômage qui en résulte a poussé des familles entières à quitter la région.
Des quartiers entiers, comme Yourchor, Promychlenniy et Sovetskiy, sont désormais des villes fantômes, aux fenêtres brisées et aux rues désertes. Des appartements meublés de trois pièces, équipés d’électroménager, s’achètent entre 100 000 et 150 000 roubles (soit environ 1 000 à 1 500 euros) – un prix qui pourrait sembler attractif pour des acheteurs habitués aux coûts élevés des villes comme Paris. Pourtant, posséder un bien à Vorkouta engendre des frais récurrents élevés. Le chauffage, l’eau et l’électricité sont coûteux dans une région où les températures hivernales descendent souvent bien en dessous de zéro pendant des mois. Ces factures peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros par mois, une charge financière difficile à assumer dans une région où les emplois se font de plus en plus rares à mesure que les mines ferment.
Parfois, il est plus avantageux d’abandonner un bien que d’attendre un acheteur qui pourrait ne jamais se présenter. Tant qu’un propriétaire est inscrit sur le titre de propriété, il reste responsable des coûts, même s’il a quitté la ville. Cela a conduit à l’abandon d’environ 15 500 appartements à Vorkouta et dans les environs, dont un tiers reste encore relié au système de chauffage central. Dans certains immeubles, les derniers habitants tracent à la craie des repères au sol pour indiquer où le chauffage fonctionne encore, créant une sorte de guide improvisé. Sur les quelque 5 000 logements municipaux inoccupés, plus de 4 000 se trouvent dans les villages environnants, dont beaucoup sont désormais totalement abandonnés. À long terme, seuls Vorgachor et Severny, les deux localités les plus peuplées de la région, pourraient continuer à exister, car quelques habitants refusent de partir malgré l’absence d’opportunités économiques. Vorkouta n’est pas un cas isolé : elle reflète le sort de nombreuses villes mono-industrielles russes, bâties autour d’une seule ressource et incapables de se reconvertir une fois celle-ci devenue non rentable. Les bâtiments fissurés et les rues désertes racontent l’histoire d’un pays où des régions entières sont lentement abandonnées, victimes du froid, de l’isolement et du délaissement économique.
Le déclin de Vorkouta : Une ville bâtie sur le charbon, maintenant confrontée à l'abandon
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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