Les plans d'épargne retraite (PER) en France affichent des frais variables et une liquidité limitée, ce qui suscite des appels à la réforme et à des stratégies d'investissement alternatives.
Les frais sur l'épargne retraite varient fortement
Les frais associés aux plans d'épargne retraite (PER) vont de 0 % à 5 % sur les versements, avec des frais de gestion de 0,77 % pour le fonds en euros et de 0,91 % pour les versements sur unités de compte, selon le dernier rapport de l'Observatoire des produits d'épargne financière, publié par le Comité consultatif du secteur financier, un organisme rattaché à la Banque de France.Les frais moyens sont supérieurs aux coûts de gestion
Les frais moyens sur versements du PER sont estimés à 1,09 % pour le fonds en euros et à 1,51 % pour les versements sur unités de compte (UC). Gilles Belloir, directeur de Placement-direct.fr, a déclaré que les frais sur versements supérieurs à 2 % ou 3 % lui semblent excessifs, et a relevé que les frais de transfert, limités à 1 % des frais sur l'épargne transférée pendant les cinq premières années, puis à 0 % ensuite, instaurés par la loi Pacte, constituent une mesure satisfaisante.Transférer son épargne reste difficile
Toutefois, des difficultés persistent pour transférer l'épargne retraite d'une entreprise à une autre, créant des obstacles non tarifaires qu'il faudrait lever. Le PER individuel se distingue de ses prédécesseurs, le Perp et le Madelin, en ce que la déductibilité fiscale des versements est désormais une option et non une règle, même si elle est activée par défaut.Il est possible de renoncer aux avantages fiscaux
Les épargnants peuvent choisir de renoncer à cet « avantage fiscal » et bénéficier en contrepartie d'une fiscalité allégée au moment de la sortie. Ce choix doit être indiqué au gestionnaire du PER à l'ouverture du contrat et s'appliquera à tous les versements, sauf si un ordre contraire est donné pour les versements futurs. Gilles Belloir estime que, pour les épargnants qui ne souhaitent pas obtenir de réduction d'impôt, l'assurance vie est généralement préférable, car il est plus facile d'y récupérer son investissement initial avant la retraite.Les retraits sont limités jusqu'à la retraite
Une fois investi, l'argent placé dans un PER ne peut être récupéré avant la retraite, sauf dans des cas précis tels que le décès du conjoint, l'invalidité, le surendettement, la fin des droits à l'assurance chômage, la cessation d'activité à la suite d'une liquidation judiciaire, ou l'acquisition de la résidence principale. Gilles Belloir a relevé que cette « indisponibilité » confine le PER à un rôle de produit complémentaire, et suggère que les épargnants qui ne sont pas proches de la retraite conservent des capitaux disponibles pour les besoins à court et moyen terme.