Tahiti, le 7 octobre 2026. L’Association des communes et collectivités d’outre-mer (ACCDOM) a fait part de ses inquiétudes au gouvernement français concernant la dégradation des conditions scolaires dans les territoires ultramarins. L’organisation a pointé du doigt des problèmes persistants tels que les salles de classe surchargées, le manque d’enseignants titulaires et des infrastructures défaillantes. Selon l’ACCDOM, ces difficultés se sont aggravées au fil du temps, et l’association avait déjà alerté les autorités sur l’aggravation de la crise, en les appelant à agir sans délai pour éviter que la situation ne se dégrade davantage. Dans une lettre envoyée à la fin de la semaine dernière, alors que les mouvements de protestation estudiantine prenaient de l’ampleur, l’ACCDOM a qualifié les revendications des élèves des territoires ultramarins de « légitimes » et de « non nouvelles ». Ces demandes, portées depuis longtemps dans les outre-mer, sont détaillées dans le communiqué. Le 24 août, jour de la rentrée scolaire à Mayotte, le lycée Nord comptait 2 300 élèves dans des locaux prévus pour 900. Une semaine plus tard, enseignants et parents bloquaient l’établissement. En Guyane, les élèves du lycée Félix-Éboué ont formulé dix-sept revendications, dont l’absence de ventilateurs dans les salles, des toilettes insalubres ou encore une cantine surpeuplée et trop chère. L’ACCDOM a souligné que ces revendications ont été portées « sans violence », mais n’ont reçu en réponse que « trois semaines de silence » de la part du gouvernement, les médias nationaux laissant surtout le relais à la presse locale ultramarine. Joseph Kaiha, président de l’ACCDOM, a estimé que cette différence de traitement illustre la manière dont les enfants des outre-mer sont pris en compte – ou non – dans le débat éducatif. Parmi les griefs figurent les cours annulés, les suppressions de postes alors que la population de certains territoires augmente, des bâtiments vétustes, des cantines défaillantes, un manque de crèches, ou encore l’obligation pour les lycéens de se déplacer dans d’autres communes lorsque les collectivités locales refusent de construire des lycées. L’ACCDOM a rappelé que les territoires ultramarins ne demandent pas un traitement de faveur, mais une prise en compte adaptée à leur situation et aux retards structurels qu’ils subissent. L’association a appelé le gouvernement à intégrer une composante spécifique aux outre-mer dans sa réponse au mouvement étudiant, à instaurer un moratoire sur les suppressions de postes dans les académies ultramarines dans le budget 2027, ou encore à ouvrir le Fonds vert et EduRénov aux nouveaux projets de construction dans ces territoires.