Un nouveau projet de pavillon de l'Assemblée nationale suscite un débat sur la transparence et le design, avec des espaces souterrains prévus et une façade moderne au cœur d'un environnement historique.
Présentation du projet en septembre 2026
Le mercredi 16 septembre 2026, Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a présenté lors d'une conférence de presse un projet intitulé Ouvrir l'Assemblée nationale – Faire vivre la démocratie. L'architecte Alain Moatti était présent. Cette initiative vise à améliorer l'accès du public à l'Assemblée nationale.Questions de transparence et détails du projet
Le projet soulève des interrogations en matière de transparence, puisque seul le projet lauréat, celui de Moatti-Rivière, est connu du public. Les trois autres propositions finalistes restent confidentielles, malgré le soutien de Moatti à leur publication. Il a par ailleurs été révélé que les quatre équipes avaient prévu de démolir en partie le pavillon existant afin de le relier à de nouveaux espaces souterrains.Dimensions et spécificités de la construction
Moatti a précisé qu'il ne s'agit pas de construire un pavillon de 4 000 m², mais d'édifier environ 600 m² hors sol dans l'emprise actuelle. La surface totale comprend deux niveaux en sous-sol. Le pavillon accueillera des espaces de contrôle, de commerce et des cafétérias, avec un accès aux espaces de médiation situés en dessous.Estimations de coût et modifications de planification
Moatti a contesté l'estimation courante de 52 ou 53 millions d'euros pour un pavillon de 4 000 m², évaluant plutôt le coût à environ 40 millions d'euros, scénographie comprise. Il explique que la polémique naît d'une confusion entre la structure visible et la construction souterraine. Une modification du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du 7e arrondissement est nécessaire, mais elle concernerait uniquement l'excavation des niveaux souterrains, et non la hauteur, l'emprise au sol ou la conception du pavillon.Priorités de conception et accessibilité au public
L'objectif principal du projet est de promouvoir la médiation et l'accessibilité universelle, afin que tous les visiteurs, y compris les personnes en situation de handicap, puissent suivre le même parcours et accéder aux mêmes contenus. Le niveau inférieur retracera l'histoire des Républiques de 1792 à nos jours, tandis que le niveau supérieur couvrira l'histoire du Palais-Bourbon et ses transformations.Choix architecturaux et réactions du public
Moatti a reconnu qu'un bâtiment contemporain dans un secteur historique pourrait susciter des résistances de la part du public, citant la pyramide du Louvre comme exemple similaire. Il a insisté sur le fait que l'architecture moderne doit compléter le patrimoine historique, et non le masquer. La façade, décrite par certains médias comme un « bloc de verre et d'acier », est en réalité un dessin transparent et ondulé, orné de fines colonnes de pierre. Un prototype a déjà été réalisé en Italie.Avenir du projet et changements possibles
Moatti a déclaré qu'un concours ne devrait pas suffire à invalider un projet architectural, tout en laissant la porte ouverte à des modifications si un argument solide est avancé. La façade reste en discussion, notamment avec la préfecture. Yaël Braun-Pivet a souligné que l'arrêt du projet serait illogique, et que son avenir dépend de la modification du PSMV, attendue d'ici mi-2027, le Bureau de l'Assemblée pouvant modifier ou étendre le projet au fil du temps.