Ursula von der Leyen, présidente de l’Union européenne, a critiqué les réductions budgétaires proposées par l’Allemagne et d’autres pays dits « frugaux », qu’elle juge susceptibles de fragiliser les priorités essentielles de l’UE. Elle souhaite que le budget européen augmente de 60 % au cours des sept prochaines années, pour atteindre un total de 2 000 milliards d’euros sur la période 2028–2034. Lors d’un récent débat à Strasbourg avec les eurodéputés, von der Leyen a prévenu que des « coupes massives » dans le prochain budget pourraient sérieusement nuire à des projets essentiels, approuvés par tous les États membres. Elle a souligné que les priorités définies dans le cadre financier pluriannuel sont les bonnes et doivent être préservées. L’Allemagne, aux côtés de l’Autriche, du Danemark, de la Finlande, des Pays-Bas et de la Suède – souvent qualifiés de pays « frugaux » –, a appelé à réduire le budget de l’UE de « centaines de milliards d’euros ». Dans un article d’opinion commun, ces pays estiment que le budget proposé par la Commission européenne n’est « pas réaliste » et accorde trop de place aux subventions et transferts préaffectés. Ils considèrent qu’il laisse trop peu de marge pour des investissements conjoints dans des domaines comme la sécurité, la défense, l’innovation ou la lutte contre l’immigration illégale. À l’inverse, dix-sept pays du Sud et de l’Est de l’Europe ont formé un groupe surnommé « les amis de la cohésion ». Ce bloc défend un budget plus généreux, bénéficiant aux agriculteurs et soutenant la cohésion sociale et territoriale. Pour financer ces nouvelles priorités, la Commission européenne propose d’augmenter les ressources propres de l’UE, par exemple via des taxes environnementales ou sur le tabac. Ces discussions sur le budget et les nouvelles sources de revenus devraient occuper une place centrale lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens, prévu à Bruxelles les 15 et 16 octobre.