Soixante-cinq ans après le massacre de 1961 à Paris, des groupes exigent la reconnaissance des violences d'État contre les manifestants algériens. L'événement, longtemps tu, est aujourd'hui commémoré.
Commémoration prévue en mémoire des victimes de la manifestation parisienne de 1961
Soixante-cinq ans après la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, des organisations prévoient de rendre hommage aux hommes et aux femmes algériens victimes des violences policières lors de cet événement. La manifestation, qui réclamait l'indépendance et l'égalité pour l'Algérie, a été violemment réprimée par les autorités françaises.Une manifestation pour l'indépendance et la dignité
Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers de travailleurs algériens et leurs familles se sont rassemblés à Paris pour protester contre un couvre-feu imposé à la population algérienne. Ils revendiquaient l'indépendance, l'égalité des droits et la dignité, mais la manifestation a été réprimée par la force par la police.Une répression sous l'autorité du préfet de police de Paris
La répression violente a été menée sous l'autorité de Maurice Papon, alors préfet de police de Paris. Papon a ensuite été condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que les événements de 1961 n'aient pas fait partie de cette condamnation.Des efforts pour faire la lumière sur une histoire cachée
Les organisateurs de la commémoration soulignent que les événements de 1961 ont longtemps été passés sous silence par les autorités et que le silence entourant cette tragédie a été maintenu par les responsables politiques. Ils saluent le rôle des citoyens, des historiens, des écrivains et des associations qui ont contribué à mettre en lumière la répression.Des demandes de reconnaissance et de responsabilité
Les organisations signataires demandent à l'État français de reconnaître officiellement son rôle dans les violences du 17 octobre 1961 et de qualifier ces massacres de crimes d'État. Elles réclament également un accès sans restriction aux archives relatives à la guerre d'Algérie et à la colonisation pour les chercheurs.Un soutien de la société civile et de groupes politiques
L'événement est soutenu par un large éventail de groupes, notamment des syndicats, des partis politiques et des associations. Parmi les soutiens notables figurent la Ligue des droits de l'Homme, le syndicat CGT, ainsi que des partis politiques comme La France insoumise et le Parti communiste français.Un événement commémoratif prévu à Besançon
Le rassemblement est fixé au samedi 17 octobre 2026, à 17 h 30, sur le pont du Battant à Besançon. Les participants accompliront un geste symbolique en jetant des fleurs dans le Doubs, en mémoire de celles et ceux qui ont souffert de violences racistes et coloniales.