Une manifestation est prévue le 17 octobre 2026 à Paris et à Thiais, avec parmi ses signataires la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Cet événement commémore le massacre du 17 octobre 1961, au cours duquel des policiers français, agissant sur ordre du gouvernement, ont tué des milliers d’Algériens et d’Algériennes pacifiques protestant contre un couvre-feu raciste imposé par les autorités de l’époque. Ce massacre, survenu à la fin de la guerre d’Algérie, est qualifié d’acte criminel d’État, encore largement méconnu et peu enseigné. Cette date marque le 65ᵉ anniversaire d’un chapitre tragique et controversé de l’histoire coloniale française. Les organisateurs estiment que la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 comme crime d’État constitue un acte politique et démocratique nécessaire, d’autant que l’élection présidentielle de 2027 approche. Ils appellent les futurs dirigeants à prendre position clairement sur cet épisode sombre de la Cinquième République et soulignent l’importance de confronter l’histoire de la France pour en faire une République véritablement égalitaire. Ils dénoncent également les propos racistes tenus par des candidats à l’élection présidentielle de 2027, quels que soient leurs bords politiques, et les lient à la résurgence des idées des partisans de l’Algérie française et de l’OAS, dont certains cherchent à réhabiliter l’héritage. L’OAS, ou Organisation de l’Armée Secrète, était un groupe qui s’est opposé à l’indépendance de l’Algérie et a commis des actes violents pendant la guerre. La manifestation proteste aussi contre les obstacles croissants à la circulation entre l’Algérie et la France, ainsi que contre les conditions de plus en plus difficiles pour les Algériens et les autres étrangers en France. Les organisateurs réclament la reconnaissance du massacre du 17 octobre comme crime d’État, l’accès libre aux archives relatives à la guerre d’Algérie, l’encouragement des recherches sur les questions historiques et mémorielles sans ingérence politique, la création d’un musée national sur l’histoire du colonialisme en France, et un enseignement équitable de cette période dans les écoles. Ces revendications s’inscrivent dans une démarche plus large visant à établir une responsabilité historique et à promouvoir la justice sociale. La manifestation aura lieu à Thiais, à Paris et ailleurs en France. Les participants sont invités à se rassembler au cimetière de Thiais, avec un départ collectif à 13 h 30 depuis la station de métro Chevilly-Larue en direction du carré 97. À Paris, le rassemblement est prévu à 16 h 30, partant du cinéma REX vers le pont au Change. Une cérémonie traditionnelle de dépôt de fleurs dans la Seine est organisée à 18 h 30 au pont Saint-Michel. Cet acte symbolique vise à honorer les victimes du massacre de 1961 et à rappeler la lutte toujours actuelle pour la reconnaissance et la justice. Parmi les signataires figurent de nombreuses associations et organisations, telles que l’Association de l’amitié franco-algérienne de Choisy (ACAFA), l’Association du 17 octobre 1961 contre l’oubli, la Fondation Frantz Fanon, l’Institut Mehdi Ben Barka, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), et d’autres. Ces groupes représentent une diversité de voix engagées dans la mémoire du passé et la défense d’une compréhension plus inclusive et honnête de l’histoire coloniale de la France.