La gestion des routes de Corse accuse des retards et un état dégradé : 51 % des routes sont en mauvais état et 15 % des ponts nécessitent des travaux urgents, selon un nouvel audit.
La CRC pointe les problèmes du réseau routier
La Chambre régionale des comptes de Corse (CRC) a récemment publié un rapport évaluant les investissements et les politiques routières de la Collectivité de Corse pour la période 2021-2026. Le rapport souligne des préoccupations importantes concernant la gestion et l'état de l'infrastructure routière de la région.Mauvais état des routes et inspections tardives
La CRC constate que 51 % du réseau routier se trouve en état médiocre ou très médiocre, et que 15 % des ponts nécessitent des réparations urgentes. Ces problèmes n'ont été identifiés qu'après le lancement tardif d'une campagne d'inspection, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'état de l'infrastructure.Absence de planification et de réglementation claires
Le rapport relève qu'une hiérarchisation du réseau routier n'a été établie qu'en 2025 et qu'il n'existe actuellement aucune réglementation routière globale applicable à l'ensemble du territoire. Cette absence de réglementation crée une insécurité juridique et complique la gestion de l'infrastructure.Entretien et planification insuffisants
Bien que le taux de réalisation des investissements depuis 2018 ait été jugé satisfaisant, la CRC constate que la performance réelle était inférieure, avec un taux d'opérations achevées ou en cours nettement plus faible. Les travaux d'entretien étaient souvent réalisés sans connaissance suffisante de l'état du réseau.Lenteur des projets de modernisation
Les projets de modernisation ont accusé des retards notables : moins de la moitié des opérations prévues ont été réalisées après huit ans. Près d'un cinquième de ces projets n'ont pas encore été lancés, et seulement 32 % de l'enveloppe d'investissement totale du programme pluriannuel ont été utilisés, les grands projets accusant de longs retards.Difficultés en matière de personnel et d'administration
La CRC souligne que la gestion du personnel est lente et peu efficace, et que la structure administrative reste alourdie par les complexités héritées des anciens départements de la région. Le manque de personnel d'encadrement local et d'ingénieurs freine encore l'efficacité des projets d'infrastructure.Espoirs d'améliorations futures
Malgré ces difficultés, la CRC estime que la période 2026-2030 pourrait offrir des perspectives plus favorables, notamment avec la mise en œuvre du nouveau programme pluriannuel d'investissement (PPI), qui pourrait permettre une meilleure planification et une meilleure exécution des projets routiers en Corse.