Le Brésil exporte du sorgho vers la Chine

Le Brésil exporte désormais du sorgho vers la Chine, alors que sa production s'accélère, selon le département américain de l'Agriculture (USDA). Il s'agit d'une évolution importante pour le secteur agricole brésilien, qui souligne son rôle grandissant sur les marchés mondiaux des céréales.

Perspectives de production de sorgho au Nigeria

La récolte de sorgho du Nigeria progresse, mais sa productivité recule. Les dernières données de l'USDA indiquent que le Nigeria devrait produire 7 millions de tonnes de sorgho en 2026/2027, soit 500 000 tonnes de plus qu'un an plus tôt. Cette progression permettrait au Nigeria de retrouver sa place de deuxième producteur mondial, devant le Brésil, dont la récolte devrait atteindre 6,5 millions de tonnes.

Changement dans le classement mondial de la production de sorgho

Le pays sud-américain avait ravi ce rang au Nigeria en 2025/2026. Toutefois, ces données pourraient encore être révisées dans les prochains mois. Les analystes s'interrogent sur la capacité du Nigeria, premier producteur africain, à suivre le Brésil, qui combine hausse de la production, développement de son marché industriel et accès au marché chinois.

Contexte historique de la production nigériane de sorgho

En 2017/2018, le Nigeria a produit 6,93 millions de tonnes de sorgho, soit plus de trois fois la production du Brésil (2,1 millions de tonnes). Cette époque semble révolue. En dix ans, la production brésilienne a plus que triplé, portée notamment par un calendrier agricole favorable.

L'avantage du calendrier agricole brésilien

Au Brésil, le sorgho est généralement cultivé après la récolte du soja, ce qui permet de recourir à une seconde saison, en particulier lorsque la récolte du soja est trop tardive pour semer le maïs dans de bonnes conditions. Sa résistance au stress hydrique et son adaptation aux sols moins fertiles en font une option intéressante pour les producteurs confrontés à une fenêtre de culture raccourcie.

Les avantages de coût du sorgho brésilien

Selon l'USDA, le sorgho se vend au Brésil à un prix équivalant à 80 à 85 % de celui du maïs, tandis que ses coûts de production sont inférieurs de 20 à 30 % à ceux du maïs de seconde saison. À cela s'ajoute un regain d'intérêt pour cette céréale en Chine, où le sorgho peut remplacer le maïs dans l'alimentation animale lorsque son prix est plus avantageux.

Les opportunités du marché chinois pour le sorgho

Pour réduire les coûts des éleveurs, dont les marges sont sous pression, les fabricants d'aliments pour animaux se tournent vers les céréales les plus compétitives. Cette situation dans le secteur de l'élevage, combinée aux besoins d'importation liés à la production du baijiu, alcool traditionnel chinois, ouvre de nouveaux débouchés aux exportateurs de sorgho, en particulier brésiliens.

Les exportations brésiliennes vers la Chine

Après la signature d'un protocole phytosanitaire en novembre 2024, suivi de l'agrément par Pékin des premiers établissements brésiliens en novembre 2025, les exportations de sorgho vers la Chine ont augmenté au second semestre 2026. Selon les données du ministère brésilien de l'Agriculture citées par le journal Valor, les acheteurs chinois ont représenté 196 050 tonnes des volumes exportés en août.

La logistique des exportations brésiliennes de sorgho

Le même mois, le navire Guo Yuan 26 a quitté le port brésilien de Santos avec environ 69 000 tonnes de sorgho destinées à COFCO International, l'acheteur public chinois, à livrer au port de Nansha, à Guangzhou, après 45 jours de navigation.

Les zones de culture du sorgho au Nigeria

Au Nigeria, la culture du sorgho est concentrée principalement dans le nord du pays, notamment dans des États comme Kano et Kebbi, qui figurent parmi les principaux bassins de production, selon les données officielles. Troisième céréale la plus produite du pays après le maïs et le riz, le sorgho alimente les brasseries, qui l'utilisent en remplacement de l'orge maltée importée, les minoteries, les producteurs de boissons traditionnelles et l'industrie de l'alimentation animale.

Usage domestique et croissance au Nigeria

Il est également consommé directement par les ménages. Toutefois, le principal moteur de croissance du secteur reste l'extension des surfaces cultivées. Entre 2025/2026 et 2026/2027, l'USDA estime que les superficies récoltées devraient passer de 5,32 à 5,7 millions d'hectares, tandis que les rendements resteraient presque inchangés, autour de 1,23 tonne par hectare.

Le rendement plus élevé du Brésil

Le contraste avec le Brésil est marqué : les 6,5 millions de tonnes attendues seraient récoltées sur 2 millions d'hectares, soit un rendement moyen d'environ 3,25 tonnes par hectare. Les observateurs notent que le secteur nigérian devra se réformer dans les années à venir pour améliorer réellement sa compétitivité, en privilégiant l'intensification de la production plutôt que l'extension des surfaces cultivées.

Le recentrage du Nigeria sur son marché intérieur

Pour le secteur nigérian, la priorité n'est pas tant de concurrencer le Brésil à l'exportation que de mieux répondre aux besoins de son propre marché. L'accès à des semences adaptées, un appui agronomique des institutions de recherche et un meilleur soutien public figurent parmi les pistes à explorer. Un autre levier réside dans l'organisation des approvisionnements industriels.

La promotion du sorgho américain au Nigeria

En août 2025, le U.S. Grains & BioProducts Council a rencontré les principales brasseries du pays afin de promouvoir le sorgho américain. L'organisation indique que les acteurs de l'industrie se sont montrés intéressés par la régularité de sa qualité et sa polyvalence par rapport aux approvisionnements locaux.

Un potentiel de partenariats pour l'industrie nigériane

Face à ces difficultés, des partenariats entre transformateurs et organisations de producteurs pourraient aider à mieux définir les caractéristiques recherchées par les acteurs de l'industrie, à consolider les volumes disponibles et à donner davantage de visibilité aux agriculteurs.