Après une tempête ou un incendie, de nombreux arbres endommagés peuvent être vendus si une action est menée rapidement. Cependant, l’afflux soudain de bois sur le marché entraîne souvent une baisse des prix. À l’inverse, une diminution de la production peut provoquer une hausse des prix. Ce phénomène peut surprendre : après des catastrophes naturelles comme des incendies ou des tempêtes, le prix du bois a tendance à baisser. Le grand public pourrait s’attendre à ce que la rareté fasse monter les prix, mais la réalité est différente.
Lors d’une grande catastrophe, de nombreux arbres sont endommagés simultanément. Pourtant, cela ne signifie pas que le bois est perdu. S’il est récolté rapidement, il reste utilisable pour la construction ou l’énergie, même s’il ne peut pas toujours accéder aux marchés les plus lucratifs. Une partie du bois ne sera pas récoltée car cela n’est pas rentable, mais le reste doit être exploité rapidement pour limiter sa dégradation et préserver sa valeur commerciale. Cela entraîne un possible afflux de bois sur le marché, mais l’industrie forestière et du bois peut ne pas absorber une telle quantité en si peu de temps.
Le premier goulot d’étranglement se situe dans la forêt, où les capacités habituelles d’exploitation — bûcherons, machines et accès aux parcelles — sont souvent insuffisantes pour faire face à l’afflux d’arbres abattus par une catastrophe. En France, les entreprises de travaux forestiers (ETF) réalisent environ 80 % des travaux de récolte. Cependant, la profession peine à attirer de nouveaux travailleurs et est décrite comme physiquement exigeante et dangereuse par l’organisation interprofessionnelle nationale. Par exemple, la récolte des chablis (arbres renversés ou brisés par le vent) après une tempête est particulièrement complexe en raison des défis techniques et de sécurité qu’elle pose. Les pouvoirs publics ont donc instauré un surcoût forfaitaire de 10 euros par mètre cube pour la récolte des chablis, déductible du revenu forestier des propriétaires touchés.
Le deuxième goulot d’étranglement concerne la logistique. Le bois doit être abattu, façonné, évacué de la forêt, transporté et stocké dans des conditions qui ralentissent sa dégradation. Lors de tempêtes majeures, certains troncs sont préservés par aspersion d’eau, ce qui maintient le bois saturé et limite le développement de champignons et d’insectes. Cette technique a permis de gérer l’afflux de chablis après des tempêtes passées. Par exemple, la tempête Caetano en novembre 2024 dans la vallée de la Tarentaise a nécessité l’évacuation d’environ 60 000 mètres cubes de chablis, soit l’équivalent de vingt ans de récolte habituelle pour la commune des Allues. D’ici novembre 2025, la majorité de ce bois avait été évacué, façonné et vendu via des contrats d’approvisionnement d’urgence.
Le troisième goulot d’étranglement est industriel. La France compte moins de scieries qu’auparavant, avec seulement 1 214 unités en 2022 contre 9 000 en 1973. Ce sous-dimensionnement est aggravé par un déséquilibre structurel connu sous le nom de « paradoxe français » : le bois scié est majoritairement résineux, alors que la forêt française est surtout feuillue. Résultat, la France importe environ 2 millions de mètres cubes de bois scié résineux chaque année. Après une tempête, un incendie ou une infestation, la quantité de bois susceptible d’être vendue dépasse souvent celle qui peut être récoltée, transportée et transformée avant qu’elle ne perde de sa valeur. Cela entraîne une baisse des prix, appelée « choc d’offre ».
Un choc d’offre a été observé après les tempêtes de 1999 et 2009, avec une chute de près de 60 % du prix du pin maritime après la tempête Klaus en 2009. Des baisses similaires ont été constatées dans d’autres pays, comme en République tchèque, où la crise des scolytes en 2018 a provoqué une chute de 73 % des prix du bois. Ces chocs peuvent entraîner une baisse brutale des prix suivie d’une hausse ultérieure, car les arbres mettent des années à repousser. Le prix du pin maritime, par exemple, s’est effondré après Klaus avant de doubler par rapport à son niveau d’avant la tempête en 2018.
Pour limiter ces variations de prix, les propriétaires forestiers peuvent recourir à des contrats d’approvisionnement qui fixent une date et un prix de récolte, évitant ainsi la volatilité du marché. Cependant, ces contrats ne sont pas efficaces en cas d’accidents, lorsque les propriétaires ne respectent pas les exigences de qualité ou de taille. La solidarité entre propriétaires — ceux qui ne sont pas touchés retardant leurs récoltes — peut aider à limiter la disponibilité du bois sur le marché. Des politiques publiques, comme la création de zones de stockage pour étaler l’offre ou des subventions pour le transport, ont déjà été mises en place. Une politique de prix plancher a également été évoquée, mais n’a pas encore été mise en œuvre.
Sous l’effet du changement climatique, les aléas naturels deviennent plus fréquents et intenses. Cela entraîne des catastrophes en cascade dans les mêmes zones, comme des sécheresses, des incendies et des infestations de parasites. Ces risques multiples et imbriqués vont encore déstabiliser le marché du bois et accentuer sa volatilité.
Fluctuations du marché des prix du bois après les catastrophes naturelles
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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