La tempête Klaus dévaste la forêt des Landes

La tempête Klaus, formée le 23 janvier 2009 et dissipée deux jours plus tard, a causé des dégâts considérables au massif forestier des Landes de Gascogne, lui faisant perdre 39 millions de mètres cubes de bois, soit quatre fois la récolte annuelle. Cette perte représentait près de 30 % de la perte totale de bois en France, qui a atteint 45 millions de mètres cubes, contre 32 millions en 1999.

Coût et plan de reconstruction

L'impact économique de la tempête a été estimé à 1,2 milliard d'euros. En réponse, un plan de reconstruction d'un montant total de 857 millions d'euros a été lancé, financé par l'État, l'Union européenne et la région Aquitaine. Le plan prévoyait 355 millions d'euros pour l'enlèvement du bois et 502 millions d'euros pour le reboisement de 204 000 hectares, une superficie près de 20 fois supérieure à celle du centre de Paris.

Efforts de déblaiement et de stockage

La première étape de la reconstruction a consisté à dégager 28 000 km de pistes et de routes forestières dans le département des Landes. En deux ans, près de 30 millions de mètres cubes de bois ont été retirés et transformés. Pour éviter la pourriture, le bois gorgé d'eau a été stocké sous des systèmes d'aspersion, qui le saturaient en eau afin de bloquer les champignons et les insectes en privant le bois d'oxygène. Cette méthode a été utilisée dans des secteurs comme Mimizan et Solférino, ce dernier étant le plus grand site de stockage de France.

Limites de l'exportation et du stockage

Une part importante du bois de pin endommagé a été exportée vers l'Allemagne et l'Autriche comme bois énergie, tandis que le bois de meilleure qualité a été stocké. À la fin de 2010, 7 à 8 millions de tonnes de bois étaient stockées dans 21 zones équipées de systèmes d'aspersion. Malgré ces efforts, une partie du bois s'est tout de même dégradée, comme le montrent des photos de la croissance du champignon Armillaria sur des grumes de pin stockées, ce qui indique que la méthode a ralenti la pourriture sans l'arrêter.

Impact économique sur les prix du pin

Le prix du bois de pin maritime a chuté de près de 60 % après la tempête, atteignant une valeur quasi nulle en 2009 et 2010. Le stockage du bois a contribué à stabiliser les prix en retirant du marché l'excédent d'offre. En 2018, le prix d'un mètre cube de pin était remonté à environ 50 euros, contre 25 euros en 2005. Ce redressement s'explique en partie par les enseignements tirés des tempêtes précédentes de 1999 et de 2009.

Défis persistants

En 2011, un parlementaire a indiqué que des scolytes avaient causé des dégâts supplémentaires, détruisant plus de 6 millions de mètres cubes de bois, soit près d'une année de récolte. Combiné aux dégâts de Klaus, cela a conduit à la perte de 250 000 hectares de forêt sur un million avant 2009. Ces chiffres, bien que non officiels, mettent en lumière les défis à long terme auxquels le massif des Landes a été confronté après la tempête.