Les parfums d'intérieur émettent des substances nocives

Les bougies parfumées, les sprays d'ambiance, les diffuseurs électriques et autres produits destinés à parfumer ou désodoriser les espaces intérieurs peuvent libérer des composés organiques volatils (COV), des aldéhydes et des particules fines, selon le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue, allergologue et président de l'Association Santé respiratoire France.

Types de produits et leurs émissions

Ces produits, appelés « parfums d'intérieur », comprennent l'encens, le papier arménien, les sprays d'ambiance, les bougies parfumées et les diffuseurs électriques, qui fonctionnent selon des mécanismes différents. Les diffuseurs électriques et les sprays libèrent principalement des substances volatiles, tandis que les produits qui brûlent, comme les bougies parfumées, l'encens, le papier arménien ou la sauge, produisent des polluants liés à la combustion.

Polluants et effets sur la santé

La nature et la quantité des substances émises dépendent du produit, de sa composition et de son mode de diffusion. Les parfums d'intérieur et les désodorisants peuvent libérer plusieurs catégories de polluants, notamment des aldéhydes comme le formaldéhyde, des COV comme le limonène, le linalol, le citral, l'eugénol ou l'aldéhyde cinnamique, ainsi que des particules fines, en particulier lorsque le produit est brûlé. Ces polluants peuvent provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires, notamment des picotements ou un nez qui coule, des éternuements, une irritation de la gorge, une toux ou une gêne respiratoire.

Impact sur l'asthme et risques à long terme

Les parfums d'intérieur peuvent aggraver les symptômes de l'asthme chez certaines personnes, bien qu'ils soient considérés comme un facteur contributif plutôt que comme une cause indépendante de l'asthme. Le risque dépend de la sensibilité individuelle, de la durée et de la fréquence de l'exposition, ainsi que de la ventilation. Dans les pièces mal ventilées ou en cas d'utilisation simultanée de plusieurs produits parfumés, l'exposition aux substances présentes dans l'air intérieur peut augmenter. Les particules fines, particulièrement préoccupantes en raison de leur petite taille, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et passer dans la circulation sanguine, provoquant une inflammation et perturbant le fonctionnement des vaisseaux sanguins. Une exposition prolongée ou répétée peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, notamment l'infarctus du myocarde et l'accident vasculaire cérébral.

Les produits naturels ne sont pas sans risque

Les huiles essentielles, bien qu'naturelles, ne sont pas forcément sans risque. Elles contiennent des molécules pouvant provoquer une irritation des yeux, du nez ou de la gorge, une toux, une gêne respiratoire ou des difficultés à respirer, en particulier chez les personnes asthmatiques ou souffrant d'affections respiratoires préexistantes. Les sprays « destructeurs d'odeurs » ne sont pas forcément plus sûrs, car ils diffusent également des substances dans l'air, et ils ne doivent pas être confondus avec les systèmes de purification de l'air.

Recommandations pour une meilleure qualité de l'air intérieur

Pour améliorer la qualité de l'air intérieur sans utiliser de parfums, le Dr Le Guillou recommande d'aérer les logements pendant 10 à 15 minutes par jour, en particulier après la cuisine, le ménage ou l'utilisation de produits qui émettent des substances. Il conseille de traiter la source des mauvaises odeurs plutôt que de les masquer, et de limiter l'usage des bougies, de l'encens et des autres produits à combustion. Une utilisation continue des diffuseurs et des produits parfumés doit être évitée. Si des symptômes tels que toux, éternuements ou gêne respiratoire surviennent après l'utilisation d'un produit, il faut cesser de l'utiliser et aérer la pièce. Si les symptômes persistent, une consultation médicale est recommandée.