Des taux de fécondité très variables en France

Eurostat indique qu'en 2024, quatorze territoires français affichaient un taux de fécondité d'au moins 1,75 enfant par femme, alors que l'Union européenne dans son ensemble affichait un taux de 1,34 enfant par femme, le plus bas depuis le début de la série en 2001. Ce contraste met en lumière un recul national en France, où le taux de fécondité moyen diminue, malgré le maintien de taux relativement élevés dans certaines régions.

La comparaison territoriale d'Eurostat

Eurostat a comparé 1 165 territoires dans l'ensemble de l'Union européenne. Il en ressort que 439, soit 37,7 %, se situaient en dessous de la moyenne européenne de 1,34 enfant par femme, tandis que 714, soit 61,3 %, se situaient au-dessus de ce niveau, douze territoires se trouvant exactement à ce niveau. L'indicateur synthétique de fécondité mesure le nombre théorique d'enfants qu'une femme aurait si les taux observés à chaque âge pendant l'année restaient inchangés.

Les taux de fécondité par pays

Parmi les territoires atteignant au moins 1,75 enfant par femme, Eurostat en recense six en Allemagne, trois en Slovénie, deux en Hongrie, aux Pays-Bas et en Roumanie, et un en Irlande, en Grèce, en Croatie et en Slovaquie. À l'autre extrême, seize territoires espagnols, sept territoires polonais et cinq territoires italiens affichaient un indice inférieur à un enfant par femme. Ces écarts internes montrent que les moyennes nationales ne suffisent pas à décrire la démographie européenne.

Le recul qui se poursuit en France

En France, le recul s'est poursuivi en 2025, l'indicateur conjoncturel de fécondité national étant estimé à 1,56 enfant par femme en 2025, contre 1,61 en 2024 selon la série révisée. Le pays a enregistré 645 000 naissances en 2025, soit une baisse de 2,1 % par rapport à 2024. Le même rapport estime le nombre de décès en 2025 à 651 000, ce qui se traduit par un solde naturel négatif d'environ 6 000 personnes, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Implications pour les politiques publiques

Pour les collectivités locales, les services de la petite enfance et les politiques familiales, les différences de fécondité entre territoires constituent un élément de diagnostic. Leur traduction en besoins de crèches, d'écoles ou de soutien aux familles dépend aussi du nombre de femmes en âge de procréer, de la mobilité résidentielle et de la structure par âge de chaque territoire. La publication européenne rappelle également l'ampleur du recul de la fécondité dans l'Union : sur vingt ans, l'indicateur est resté compris entre 1,34 et 1,57 enfant par femme, toujours en dessous du seuil conventionnel de renouvellement des générations, fixé à 2,10.

Un avenir territorial incertain

Les prochaines comparaisons territoriales devront déterminer si les zones françaises encore relativement fécondes en 2024 conserveront cette position à mesure que des données plus récentes seront disponibles.