Après près d’une heure d’échanges tendus entre l’opposition et le maire de Bastia, Gilles Simeoni, concernant l’appel relatif aux élections municipales de 2026, le conseil municipal bastiais a enfin pu reprendre son ordre du jour, qui prévoyait notamment l’adoption d’un statut de résident pour Bastia. Ce statut, plus symbolique qu’efficace dans l’immédiat au regard de l’illégalité actuelle d’une telle mesure – plusieurs villages ayant tenté de l’instaurer –, intègre les Corses de la diaspora, sous réserve de remplir trois critères sur cinq pour y être éligible. La décision a été adoptée par la majorité municipale, deux élus de l’opposition PNC ainsi que par Jean-Sébastien de Casalta. Les détails techniques d’application restent minimes, et le vote donne fortement l’impression d’une volonté affichée de montrer au gouvernement une détermination à mettre en œuvre ce statut dès l’obtention d’une autonomie, un point que Gilles Simeoni ne conteste pas. Côté opposition, les positions se sont légèrement diversifiées. Jean-Martin Mondoloni adopte une posture nuancée : favorable à la co-officialité de la langue corse et à la reconnaissance du peuple corse, il s’oppose en revanche au statut de résident. Il estime, pour des raisons notamment juridiques, qu’il serait plus pertinent de proposer un statut de résidence ciblant la destination des biens plutôt que leur acquéreur ou occupant. Une telle mesure, selon lui, aurait le mérite de réduire le nombre de résidences secondaires. Sylvain Fanti, également opposé au statut de résident, dénonce une opération de diversion ne débouchant sur aucune solution concrète aux problèmes de logement des Bastiais et des candidats à l’installation. Il a appelé Gilles Simeoni à faire preuve d’un pragmatisme à l’anglaise, à l’image de Pascal Paoli en son temps, privilégiant les solutions efficaces aux incantations. Nicolas Battini, et son groupe Unione di i Patriotti, se sont abstenus. Bien que favorable à un tel statut, le leader d’extrême droite lui préfère un statut descendant, qu’il promeut aux côtés du Rassemblement National. Toutefois, même sur le principe du statut de résident, Nicolas Battini souhaite l’ajout d’une garantie supplémentaire : l’éligibilité serait conditionnée à la détention de la nationalité française. Jean-Sébastien de Casalta, conseiller municipal du groupe Uniti, a voté en faveur de ce statut, tout comme ses collègues du PNC avec lesquels il semble progressivement s’aligner. Reste que Jean-Sébastien de Casalta doute de la possibilité de rendre ce mécanisme opérationnel, en raison du « mur législatif ».