Un photographe capture d'étranges motifs ressemblant à des visages dans l'eau gelée, révélant comment notre cerveau perçoit du sens dans les formes abstraites.
L'eau forme des structures ressemblant à des visages
Laurent Costa photographie les structures cristallines de l'eau depuis 2012. Il utilise une boîte de Petri et d'autres outils pour observer l'eau à l'état solide et semi-liquide, la refroidissant parfois à environ -17 °C. Son travail révèle des motifs complexes qui peuvent évoquer des formes familières, comme des visages.La perception crée des formes familières
Dans certaines images de Costa, un visage semble émerger de la structure microscopique de la glace. Toutefois, il ne s'agit pas d'un visage au sens propre, mais d'un motif que le cerveau humain interprète comme tel. Ce phénomène s'appelle pareidolie : il consiste à percevoir des motifs porteurs de sens dans des stimuli aléatoires ou ambigus.Le cerveau reconnaît rapidement les visages
Le système visuel humain est particulièrement sensible aux traits du visage. Même des formes simples qui évoquent un visage peuvent déclencher une reconnaissance dans le cerveau. Des recherches en neurosciences montrent que les mêmes régions cérébrales activées par de vrais visages sont aussi sollicitées lorsque les gens voient des visages illusoires, ne serait-ce que pendant une fraction de seconde.L'imagination comble les vides
Une fois qu'un visage est perçu, le cerveau ajoute souvent d'autres détails. Les gens peuvent imaginer des bras, des corps, voire des émotions associées à ce visage. Pourtant, la structure elle-même ne contient pas ces éléments. C'est le cerveau qui construit ce récit, transformant des formes abstraites en une scène d'apparence complète.La pareidolie dans un contexte scientifique
D'un point de vue scientifique, il est important de distinguer l'image réelle des interprétations que les gens en font. La structure photographiée contient certaines formes et certains contrastes, mais les visages ou les créatures que les gens y voient ne sont pas réels. Plus une image est ambiguë, plus le cerveau projette du sens sur elle, créant une sorte deménagerie microscopique.Le cerveau traite la perception de manière active
Le cerveau ne reçoit pas les images de façon passive, il les traite activement. Il s'appuie sur des connaissances existantes concernant les formes, les objets et les visages pour interpréter l'information visuelle. C'est ce qu'on appelle le traitement top-down, ou descendant. Plus on regarde une image, plus le cerveau invente de détails, transformant des formes simples en une scène complexe.L'activité cérébrale révèle la reconnaissance des visages
Des études fondées sur la mesure de l'activité cérébrale montrent que, lorsque les gens voient une image ressemblant à un visage, des régions spécifiques du cerveau responsables du traitement des visages s'activent dans un délai d'environ 130 millisecondes. Ces réponses sont semblables à celles observées face à de vrais visages, même si elles sont corrigées dans un délai de 250 millisecondes, le temps que le cerveau comprenne qu'aucun visage réel n'est présent.La recherche confirme les motifs ressemblant à des visages
Des travaux récents appuient l'idée que la disposition des éléments d'un motif rappelant un visage est essentielle pour déclencher l'illusion. Le cerveau détecte rapidement un visage, puis ajuste son interprétation en reconnaissant que ce visage n'est pas réel. Ce processus montre à quel point le cerveau est sensible aux formes familières, même lorsqu'elles sont absentes.