Robotaxis autonomes en Île-de-France d'ici 2028

Des robotaxis autonomes devraient circuler en Île-de-France à partir de 2028, selon un partenariat entre la Métropole du Grand Paris, Stellantis et Bolt. Cette initiative s'inscrit dans le programme européen « Autonomous Drive Ambition Cities » (ADACities), qui vise à desservir une trentaine de communes d'ici 2030, en commençant par cinq communes des Hauts-de-Seine et pouvant s'étendre à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Stellantis et Nvidia fournissent les technologies clés

Stellantis fournira des véhicules construits sur sa plateforme « L4-Ready », prééquipés de systèmes doubles pour la direction et le freinage, prêts à accueillir un logiciel de conduite autonome. Nvidia apporte sa plateforme de calcul Hyperion et son système d'exploitation Halos, conçus pour traiter les grands volumes de données nécessaires à l'exploitation autonome.

Collaboration avec Wayve et Pony.ai

La start-up britannique Wayve, déjà partenaire d'Uber à Londres, apporte à Nvidia son concours pour l'entraînement en temps réel de l'intelligence artificielle. L'entreprise chinoise Pony.ai apporte son algorithme, développé à partir de données issues de plus de 100 millions de kilomètres parcourus. Ensemble, ces entreprises visent à mettre au point un système de conduite autonome robuste.

Alliance annoncée lors du Autonomous Vehicle Summit

Lors du Autonomous Vehicle Summit, le 23 octobre 2026 à Paris, Wayve a annoncé une alliance avec Stellantis, Nvidia et Uber, soutenue par le gouvernement français. Cette collaboration vise à faire de la France un pôle européen de véhicules autonomes de niveau 4 et de robotaxis.

La technologie « AI Driver » de Wayve

L'« AI Driver » de Wayve repose sur un apprentissage profond de bout en bout, qui permet aux véhicules de s'adapter instantanément à de nouveaux environnements urbains sans cartes préexistantes. Cette approche a été testée à Londres auprès de 140 000 utilisateurs inscrits et dans plus de 500 villes à travers le monde. Contrairement aux systèmes traditionnels, elle reproduit la manière dont un chauffeur professionnel agirait et s'adapterait.

Un écosystème favorable aux véhicules autonomes en France

Le choix de la France et de Paris comme pôle stratégique s'explique par le fort marché des voitures de transport avec chauffeur de la capitale, par d'importants investissements nationaux dans l'intelligence artificielle et par un cadre réglementaire en développement. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué que la France adaptera sa réglementation pour permettre les opérations sans conducteur tout en maintenant des normes de sécurité élevées.

Accent sur la sécurité et les besoins de mobilité spécifiques

Le projet visera dans un premier temps le premier et le dernier kilomètre des trajets, les heures creuses, la mobilité des personnes âgées et les grands événements. Un objectif clé est d'atteindre un niveau de sécurité de 10⁻⁸, ce qui signifie aucun incident sur 100 millions d'heures d'exploitation. Ce niveau est considéré comme indispensable au déploiement.

Le rôle de Bolt et la nécessité d'une montée en échelle

Bolt assurera l'intégration opérationnelle et l'interface utilisateur grâce à sa plateforme. La réussite du projet dépend de la capacité à générer des volumes d'exploitation suffisants à l'échelle continentale. Bolt prévoit de tester jusqu'à 33 véhicules dans un premier temps, mais a besoin d'une trajectoire claire vers des opérations commerciales à grande échelle.

Les inquiétudes des professionnels du taxi

Le projet de véhicules autonomes suscite des inquiétudes chez les professionnels du secteur. Les fédérations de taxis demandent au gouvernement de donner la priorité aux titulaires de licences existants et de garantir une fiscalité équitable. En réponse, Clichy, G7 et Milla ont déposé leur propre candidature à ADACities, dans le but de proposer une alternative 100 % souveraine, exploitée avec des chauffeurs professionnels, dans le nord-ouest de Paris.