Les librairies coopératives françaises s'unissent pour partager leurs défis et stratégies de survie, soulignant le besoin de réseaux plus solides et d'une meilleure gouvernance.
Des représentants se réunissent pour les librairies coopératives
Des représentants de 32 des 56 librairies coopératives françaises se sont réunis au complexe scolaire Françoise-Combes à Montpellier, à l’invitation de La Cavale, une librairie coopérative locale. Baptisé les premières Rencontres nationales, cet événement visait à réunir les participants afin de partager leurs expériences, leurs difficultés et leurs réflexions, quelles que soient la taille ou la localisation de leurs librairies.Les fondateurs de librairies évoquent leurs difficultés
Isabelle Caldini, fondatrice des Madeleines de Proust à Saint-Just-Saint-Rambert, a participé à ces échanges pour discuter des difficultés rencontrées depuis l’ouverture de sa librairie. Elle a insisté sur la nécessité d’une meilleure gouvernance et d’une mobilisation accrue des bénévoles, précisant que sa librairie compte 40 membres actifs parmi ses 250 coopérateurs. À Caractères Libres, à Aups, Nathalie, coopératrice, souhaitait comparer les problématiques et échanger des pratiques avec d’autres, tout en reconnaissant la situation financière fragile de sa librairie.Les coopérateurs cherchent appui et réseau
Olivier Larrieu, de Libreures à Leucate, a exprimé le désir de construire un réseau, estimant que le modèle coopératif est essentiel à la survie d’une librairie. Il a indiqué qu’il n’était pas encore rémunéré et que sa collègue, Lucie Laffite, espère que ces rencontres aideront à maintenir leur activité. Fanny Pochet, libraire à Sauve, a participé après le décès de sa gérante et de sérieuses difficultés avec les vendeurs, cherchant des moyens de ne pas être seule aux commandes.Les défis de la gouvernance coopérative
Marguerite Cros, coprésidente de La Cavale, a expliqué que ces rencontres avaient été organisées pour montrer que les librairies n’étaient pas seules et avaient des expériences à partager. Elle a souligné les défis du marché du livre, notamment la concentration du pouvoir dans l’édition, et la difficulté de choisir les auteurs à soutenir tout en renonçant à travailler avec certains éditeurs. Elle estime que la force collective du modèle coopératif peut renforcer leur influence politique et culturelle.L’engagement et la sensibilisation restent des préoccupations
Laurence Mouquet, coopératrice à La Folle Aventure, à Trévoux, a évoqué la difficulté de faire vivre le collectif au quotidien. Elle a relevé que, si l’on compte 120 coopérateurs, seule une trentaine environ est réellement impliquée, ce qui pose la question de savoir si les autres, qui ont pris des parts, se sentent de véritables propriétaires. Philippe Pelade, directeur des Volcans à Clermont-Ferrand, a insisté sur la nécessité de promouvoir le statut Scop et de partager l’expérience d’une structure coopérative de grande taille, relevant un manque de connaissance du modèle et une part de responsabilité qui incombe aux librairies elles-mêmes.L’avenir d’un réseau national en discussion
La création d’un réseau national, évoquée dans l’introduction de l’événement, reste à définir quant à sa forme et à ses modalités. Cette question sera abordée le lundi 26 octobre, lors de la synthèse des réflexions issues des ateliers organisés le dimanche après-midi.