Au cours de la dernière décennie, un nouveau type de supermarché a gagné en popularité en France : les magasins coopératifs et participatifs où les clients sont aussi actionnaires. La Louve, qui a ouvert ses portes à Paris en 2016, est le premier du genre en Europe et s’est inspiré de Park Slope Food Coop à Brooklyn, New York, une coopérative en activité depuis 1973. Ces magasins fonctionnent selon un modèle non lucratif, privilégiant la durabilité plutôt que le profit traditionnel. Par exemple, Super Cafoutch à Marseille affiche une marge unique de seulement 2 %. Ils offrent une grande variété de produits, allant des denrées alimentaires aux articles ménagers, le tout sous un même toit, à l’image des grandes chaînes de distribution.
Strictement parlant, un supermarché doit avoir une surface de vente d’au moins 400 mètres carrés, mais peu de ces coopératives atteignent cette taille. La Cagette à Montpellier, qui réalise actuellement le deuxième chiffre d’affaires en France (4 millions d’euros par an pour 350 mètres carrés), va s’agrandir à 830 mètres carrés après son déménagement en juin. Selon Clotilde Grassart, maîtresse de conférences en économie à l’Université de Lille, les caractéristiques clés de ces magasins incluent leur taille, le modèle actionnarial et l’obligation pour les membres de participer environ trois heures par mois. Une cinquantaine de structures de ce type existent en France, dont La Louve, les trois magasins Super Quinquin à Lille et Coop sur Mer à Toulon.
Malgré leur essor, ces coopératives débutent souvent sous forme d’associations en raison des contraintes urbaines et peinent parfois à évoluer. Dans les petites villes ou zones rurales, il peut être difficile de réunir suffisamment de membres, ce qui explique la persistance des petits commerces traditionnels. D’autres projets, comme Diony-Coop à Saint-Denis, qui est autogéré, ou des initiatives comme le mouvement des oreilles, qui vise à renforcer les liens entre producteurs et consommateurs, proposent des modèles et des objectifs différents.
La Cagette a développé des applications informatiques open source pour optimiser ses opérations et accroître sa productivité. Maxime Thoueille, salarié et cofondateur de La Cagette, estime que le partage de ces outils – notamment financiers – pourrait profiter à l’ensemble du réseau de coopératives. Il souligne aussi la nécessité de clarifier le modèle coopératif pour mieux le promouvoir et soutenir de nouveaux dirigeants. D’autres défis persistent, comme toucher des publics plus vulnérables et éviter l’entre-soi. L’introduction de produits de grandes marques et la réduction du nombre d’actions nécessaires pour adhérer peuvent y contribuer. À Montpellier, la Caisse commune de l’alimentation et ses magasins affiliés ont élargi le profil social des coopérateurs. L’emplacement joue également un rôle : les sites centraux attirent davantage de piétons et de cyclistes, tandis que les magasins en périphérie peuvent capter une clientèle motorisée avec un panier moyen plus élevé.
Les supermarchés coopératifs doivent aussi relever le défi du maintien de leurs effectifs et faire face à un turnover important, lié aux changements de vie personnelle ou d’aspirations. Certains magasins, comme Super Quinquin ou La Cagette, adoptent un modèle binomial où deux personnes, comme un couple ou des colocataires, se partagent les treize services annuels requis pour l’adhésion. Cela permet d’augmenter le nombre de coopérateurs, mais peut réduire la participation individuelle. Un travail continu de sensibilisation et de communication est nécessaire, ce qui peut épuiser les équipes. À Montpellier, en revanche, le recrutement est moins problématique, et Maxime Thoueille espère voir davantage de collaborations à travers des événements communs.
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les zones commerciales sont classées comme suit : les supermarchés à partir de 400 mètres carrés, les grandes épiceries de 120 à 400 mètres carrés, et les petites épiceries de moins de 120 mètres carrés. Une carte des magasins coopératifs et participatifs en France et en Belgique est disponible en ligne.
Les supermarchés coopératifs et participatifs se multiplient en France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Marcelle



