L’Insee, l’institut national de la statistique français, a publié le 30 septembre une estimation actualisée du parc immobilier du pays au 1er janvier 2026. En France métropolitaine, hors Mayotte, le pays compte 38,6 millions de logements, dont 31,9 millions sont des résidences principales. Parmi les ménages, 57,3 % sont propriétaires de leur résidence principale. Cependant, la répartition de la propriété évolue. Depuis 2020, la part des ménages encore endettés pour leur logement est passée de 21,4 % à 19,8 %. Ces ménages sont qualifiés de propriétaires occupants avec prêt en cours. À l’inverse, la part des propriétaires sans charge de remboursement a augmenté, atteignant 37,6 % en 2026, contre 36,2 % en 2020. Malgré ces mouvements, la proportion globale de propriétaires est restée presque stable depuis 2011, avec une légère baisse de 0,4 point de pourcentage sur quinze ans. Cette évolution reflète deux tendances opposées. Le nombre de propriétaires sans prêt avait diminué, passant de 37,9 % à 36,2 % entre 2013 et 2020, avant d’augmenter depuis. Parallèlement, la part des propriétaires occupants avec prêt en cours avait progressé entre 2014 et 2020, avant de reculer de 1,6 point de pourcentage entre 2020 et 2026. Ce phénomène n’est pas nouveau : entre 1989 et 2006, la part des propriétaires occupants avec prêt en cours était déjà passée de 26,0 % à 19,5 %. L’Insee a également modifié sa méthodologie d’estimation, intégrant l’enquête Logement 2024, qui remplace les données de 2020 en France métropolitaine. Cela a conduit à des révisions des données sur le statut d’occupation depuis 2015, réduisant jusqu’à 2,7 points de pourcentage la part des propriétaires occupants avec prêt en cours pour 2025. Les nouvelles données montrent que le pic de ces ménages a été atteint en 2020, suivi d’un déclin régulier. Les autres statuts d’occupation ont peu évolué dans le temps. La part des locataires reste stable autour de 40 % depuis quarante ans, s’élevant à 40,4 % en 2026. Les propriétaires bailleurs privés logent 23,2 % des ménages, soit une hausse de 1,2 point de pourcentage depuis 2008. En revanche, les bailleurs publics voient leur part diminuer, passant de 18,7 % en 1997 à 17,3 % en 2026. La part des ménages vivant dans un logement à titre gratuit a également reculé, de 7,8 % en 1982 à 2,3 % en 2026. La croissance du parc immobilier s’est ralentie depuis 2016, avec une hausse moyenne annuelle de 0,8 %. À titre de comparaison, le rythme était plus soutenu entre 2000 et 2009, avec une croissance de 1,2 % par an. L’Insee souligne que le parc immobilier continue de croître plus vite que la population, ce qui a entraîné une baisse du nombre de personnes par logement. Le taux de vacance a également diminué, la part des logements vacants passant de 8,1 % en 2019 à 7,6 % en 2026. L’institut précise qu’un logement vacant n’est pas nécessairement inoccupé en permanence : il peut s’agir d’un bien en attente de vente, de location ou d’héritage. Le pays compte ainsi 2,9 millions de logements inoccupés et 3,8 millions de résidences secondaires ou de logements occasionnels. Ces différences de statut d’occupation varient aussi selon les régions et les types de ménages, les familles monoparentales étant plus susceptibles de louer un logement social, tandis que les jeunes sont davantage présents sur le marché locatif privé. Globalement, les propriétaires occupent des logements plus spacieux, alors que les locataires et les jeunes sont plus exposés au surpeuplement. Près d’un quart des ménages ont emménagé depuis moins de quatre ans, et un tiers d’entre eux ont acheté leur logement par la suite.