Le marché de l'immobilier ancien en France montre des signes de reprise, mais la crise du logement persiste avec une offre locative limitée et des coûts en hausse.
Le marché de l'ancien montre les premiers signes d'une reprise
Après des années d'instabilité, le marché immobilier de l'ancien en France donne les premiers signes d'une reprise. Les acheteurs reviennent sur le marché, la demande ayant progressé de 1 % sur un an en septembre. Toutefois, cela ne signale pas un retour aux conditions d'avant la crise, car le nombre total de transactions reste inférieur à celui de l'année précédente.Un marché qui reste déséquilibré
Malgré la hausse de la demande, l'offre de biens à vendre a augmenté de 9 %, et les prix continuent de baisser légèrement, de 1,5 % sur un an. Le délai moyen de vente d'un logement atteint désormais 101 jours, et le volume global des transactions sur le marché de l'ancien demeure inférieur de 1,8 % à celui de septembre 2025. Ces chiffres traduisent un rééquilibrage lent, mais non une reprise complète.Des acheteurs plus prudents et mieux informés
Les acheteurs français reviennent sur le marché, mais avec davantage de prudence. Ils prennent en compte bien d'autres critères que le seul prix d'un bien, notamment le coût du crédit immobilier, les dépenses de rénovation, la performance énergétique, la fiscalité et les transports. Ce changement se remarque dans la progression de la demande pour les appartements, en hausse de 2,5 % sur un an, tandis que la demande pour les maisons continue de reculer.Le marché locatif fait face à ses propres difficultés
La reprise partielle du marché de l'ancien ne résout pas la crise du logement, plus profonde. La France manque toujours de logements dans les zones à forte demande, et le marché locatif est sous tension. L'offre locative a diminué de 15 % en cinq ans, selon le ministère du Logement, et la construction de logements a ralenti, avec 9,5 % de logements autorisés en moins au cours de la dernière année par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.La réglementation et la fiscalité pèsent sur les bailleurs privés
Les bailleurs privés, qui fournissent l'essentiel du parc locatif, rencontrent des difficultés croissantes. De nouvelles réglementations, comme l'interdiction de louer les logements classés G, entrée en vigueur en 2025, ont alourdi le coût et la complexité de l'entretien des biens loués. Ces règles visent à améliorer la performance énergétique, mais risquent aussi de réduire la disponibilité des logements à louer.Concilier rénovation et besoins en logements
La rénovation du parc existant est indispensable, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la disponibilité des logements. Le dispositif Jeanbrun, conçu pour soutenir la rénovation des logements, va dans la bonne direction, mais doit devenir plus attractif pour les investisseurs privés. L'objectif est de faire en sorte que rénovation et investissement immobilier puissent coexister sans faire grimper les coûts ni réduire l'offre.Une approche de long terme est nécessaire
La crise du logement appelle une politique stable et de long terme, plutôt que des solutions à court terme. Il faut donner la priorité à l'augmentation de la production de logements, à la facilitation de l'accession à la propriété et à la rénovation du parc existant. Les politiques publiques doivent aussi soutenir les investisseurs privés en garantissant des règles claires, une fiscalité stable et un cadre réglementaire prévisible, afin d'encourager l'investissement dans le logement.Le logement, un socle pour une stabilité plus large
Le logement n'est pas seulement une question économique : il influe sur l'emploi, la mobilité et le pouvoir d'achat. La véritable mesure de la réussite ne devrait pas être le nombre de transactions ou l'évolution des prix, mais la capacité de chaque Français à trouver un logement répondant à ses besoins et à son budget. Relever ce défi est essentiel pour l'avenir à long terme du pays.