Le projet immobilier Jeanbrun, conçu pour inciter les particuliers à réinvestir dans le marché locatif, n’a pas répondu aux attentes. Seulement 200 à 300 logements sont vendus chaque mois, loin de l’objectif fixé par la profession, qui était de 4 000. Cette initiative, qui vise à construire 50 000 logements supplémentaires par an, semble peu susceptible d’atteindre son but au rythme actuel. Nexity, un grand promoteur immobilier français, a écoulé environ 300 logements via ce dispositif depuis son lancement, après quelque 100 jours de commercialisation active. Le secteur immobilier traverse une crise depuis plus de trois ans, et le nombre de réservations de nouveaux logements a chuté de moitié. Le dispositif Jeanbrun permet aux acquéreurs de déduire une partie du prix d’achat de leurs revenus locatifs, réduisant ainsi leur assiette imposable. Pour un bien neuf, l’administration fiscale retient 80 % du prix d’achat, et le propriétaire peut déduire entre 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % par an, selon le niveau de loyer. Plus le loyer est bas, plus l’avantage fiscal est important. Ce mécanisme diffère de l’ancien dispositif Pinel, supprimé, qui offrait une réduction d’impôt directe. Les critiques soulignent que le dispositif Jeanbrun profite surtout aux investisseurs les plus aisés, les économies d’impôt étant plus substantielles pour les ménages aux revenus élevés. David Regin, du groupe Consultim, estime que ce dispositif n’est pas un produit fiscal de masse et risque de ne pas séduire les investisseurs moins fortunés en raison de taux d’amortissement insuffisants et d’un contexte de marché difficile, marqué par la hausse des taux d’intérêt et de l’inflation. Nexity reste optimiste et affirme que le dispositif pourrait se révéler plus démocratique qu’on ne le pense, notamment dans les villes moyennes où l’immobilier est moins cher. L’entreprise affirme avoir identifié 700 logements en France où un investisseur soumis au taux marginal d’imposition de 11 % ne devrait débourser que moins de 300 euros par mois. Toutefois, la recherche d’un locataire est cruciale, car l’avantage fiscal peut être retiré si le bien reste vacant plus de 12 mois. Le gouvernement prévoit de réduire l’avantage fiscal pour les locations meublées, limitant la déduction à 2,5 % à partir de 2027, avec un plafond de 7 000 euros. Cette mesure vise à réduire l’écart entre les régimes de location meublée et non meublée. Arnaud Hacquart, d’Imodirect, et d’autres critiques estiment que l’exécutif fragilise davantage le régime LMNP (Location Meublée Non Professionnelle), alors même que le dispositif Jeanbrun peine à trouver son public.