Au Niger, le journaliste Moussa Kaka est porté disparu depuis le 31 août. Sa disparition a suscité l’inquiétude tant des observateurs locaux qu’internationaux, entraînant des appels à une plus grande attention sur la situation. Alioune Tine, expert sénégalais en droits humains ayant précédemment travaillé avec les Nations unies, a exprimé son regret face à ce qu’il qualifie de « l’indifférence totale de la communauté africaine et internationale » concernant cette « disparition forcée ». Il a souligné la nécessité d’une prise de conscience accrue et d’actions concrètes, en particulier de la part de l’opinion publique africaine et des organisations qui la représentent. Tine, également fondateur d’Afrikajom, un groupe de réflexion axé sur la démocratie et la sécurité en Afrique, a mis en lumière les implications plus larges de la disparition de Kaka. Il a noté que de tels incidents passent souvent inaperçus ou ne sont pas suffisamment pris au sérieux par les acteurs régionaux et mondiaux. Cette absence de réaction, a-t-il argumenté, sape les efforts visant à protéger les journalistes et à défendre les valeurs démocratiques sur le continent. Lors d’un entretien avec Christophe Boisbouvier, Tine a appelé à une solidarité accrue entre les nations africaines et leurs partenaires internationaux pour soutenir les journalistes et les défenseurs des droits humains. Il a exhorté à la mobilisation de l’opinion publique et à l’implication des organisations de la société civile dans la défense de la transparence et de la responsabilité dans des affaires comme celle de Kaka. La disparition de Moussa Kaka a relancé les discussions sur la sécurité des journalistes au Niger et dans la région du Sahel, où l’instabilité politique et les conflits rendent particulièrement périlleux le travail d’information sur des sujets sensibles. Les propos de Tine rappellent l’importance de protéger la liberté de la presse et de veiller à ce que de tels cas ne soient pas ignorés par la communauté internationale.