Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis quatre ans, à la suite d’un coup d’État militaire qui a renversé le gouvernement précédent. Le journaliste Newton Ahmed Barry, aujourd’hui en exil, s’interroge sur la trajectoire actuelle du pays. Il souligne deux enjeux majeurs qui sapent la stabilité : l’aggravation de la menace des groupes jihadistes opérant dans la région et la répression de l’opposition politique. Barry estime que la concentration du pouvoir sous le régime de Traoré s’éloigne des idéaux portés par Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso admiré pour ses politiques progressistes et son insistance sur la souveraineté nationale. Sankara, assassiné en 1989, reste une figure symbolique de la résistance à l’influence étrangère et un défenseur de la justice sociale. Le climat politique actuel au Burkina Faso est marqué par une insécurité croissante, avec des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et étendues. Ces violences ont provoqué d’importants déplacements de population et aggravé la crise humanitaire. Pour Barry, l’absence de pluralisme politique et la répression des voix dissidentes aggravent ces défis, rendant encore plus difficile la résolution des problèmes de sécurité et de gouvernance qui minent le pays. Dans son analyse, Barry plaide pour un retour aux principes démocratiques et l’inclusion de divers acteurs dans le processus politique. Il estime que, sans ces changements, le Burkina Faso pourrait continuer à subir des instabilités et un isolement sur la scène internationale. Ses propos interviennent alors que les débats sur l’avenir du pays et le rôle de l’armée dans sa gouvernance persistent.