Le supérieur français fait face à des défis : seuls 34 % des étudiants en licence obtiennent leur diplôme à temps, contre 43 % en moyenne OCDE, à cause d'admissions centralisées et de parcours rigides.
Le système d'admission dans l'enseignement supérieur en France
Selon l'édition 2025 de Regards sur l'éducation de l'OCDE, 95 % des candidatures déposées via Parcoursup en France aboutissent à une place dans l'enseignement supérieur, mais seulement 34 % des inscrits en licence obtiennent leur diplôme dans les temps, contre une moyenne de 43 % dans l'ensemble de l'OCDE.Différences entre les systèmes d'orientation
Les systèmes d'orientation varient considérablement d'un pays à l'autre : environ la moitié des pays étudiés recourent à des candidatures directes auprès des établissements, et un tiers utilise une plateforme centralisée comme Parcoursup. Certains pays proposent des alternatives plus souples, comme le test national suédois Högskoleprovet, qui « permet aux personnes ayant des parcours de vie différents de basculer vers la voie universitaire de leur choix », ou l'université ouverte finlandaise, où « il n'existe pas une seule trajectoire pour accéder à un programme donné ».Les défis du système français
En 2025, 980 000 personnes ont déposé des candidatures via Parcoursup, et près de 39 000 lycéens récemment diplômés n'ont reçu aucune proposition. En France, la sélection intervient en cours de parcours universitaire, alors que d'autres pays sélectionnent les candidats au moment de l'inscription.Variations des modèles de candidature
Selon l'OCDE, dans près de la moitié des pays étudiés, les candidatures se font directement auprès des établissements. Seul un tiers recourt à une plateforme centralisée comme Parcoursup. Le Royaume-Uni suit un modèle proche de celui de la France : via UCAS, les candidats peuvent soumettre jusqu'à cinq choix (quatre en médecine ou en odontologie), chaque université fixant ses propres critères.Transparence et critères de sélection
Aux Pays-Bas, les critères sont considérés comme plus transparents qu'en France. L'algorithme de Parcoursup ne sélectionne pas les candidats mais transmet les dossiers aux établissements, qui décident en fonction des notes, des évaluations et parfois de la motivation. « Le problème ne tient pas tant à l'algorithme, qui n'est qu'un outil de mise en relation, qu'aux critères non explicites fixés par les établissements », affirme Florence Rizzo, fondatrice d'Écolhuma, une association de lutte contre les inégalités scolaires.Diversité du nombre de choix
Le nombre de choix varie fortement : un au Brésil, trois en Slovénie, quatre aux Pays-Bas, cinq au Royaume-Uni, dix ou plus en France, en Allemagne, en Suède et en Turquie. Dans la plupart des systèmes centralisés, une seule proposition finale est faite. Seule la Corée du Sud ne limite pas le nombre de propositions.Calendrier des candidatures
En France, les candidatures sont déposées avant que les résultats du baccalauréat ne soient connus. En Chine ou en Corée du Sud, elles sont déposées après un examen. L'Espagne combine la note du baccalauréat avec un examen d'entrée pour établir un classement national.Modèles alternatifs et souplesse
La Finlande explore une troisième voie avec son modèle d'université ouverte, où « il n'existe pas une seule trajectoire pour accéder à un programme donné », selon Florence Rizzo. Toute personne intéressée, quel que soit son âge ou son parcours, peut suivre des cours à coût réduit et, une fois un nombre suffisant de crédits obtenus, postuler à un programme menant à un diplôme.Orientation précoce et filières professionnelles
Selon Florence Rizzo, la France oriente fortement les élèves vers l'université, parfois au détriment des filières professionnelles. En Allemagne, l'orientation intervient très tôt dans le système scolaire. Selon les Länder, « 50 % d'une génération sont orientés dès 10-11 ans vers les écoles professionnelles, contre 20 % en France », explique Frédéric Turlan, spécialiste du droit du travail chez Touteleurope.eu.La souplesse en Suède
Dans d'autres pays, changer de parcours est plus facile. En Suède, par exemple, un tiers des places universitaires sont réservées au test national (Högskoleprovet), ouvert à tous, quel que soit l'âge. Les dossiers scolaires antérieurs ne sont pas pris en compte. « Ce système permet aux personnes ayant des parcours de vie différents de basculer vers la voie universitaire de leur choix », explique Florence Rizzo.Des défis éducatifs plus larges
L'exemple des pays voisins montre que la question, en France, dépasse la seule suppression de Parcoursup. « Le défi consiste à donner à 100 % d'une génération les moyens d'accéder à un socle de connaissances suffisamment exigeant à la fin de la scolarité obligatoire, à 16 ans », ajoute la spécialiste. Il s'agit aussi de proposer une orientation plus précoce mais moins définitive, afin de laisser la possibilité de se tromper, tout en valorisant les filières professionnelles.