Le gouvernement français modifie le système d'admission dans l'enseignement supérieur

Le gouvernement français a annoncé son intention de modifier Parcoursup, le système d'admission dans l'enseignement supérieur, tout en refusant de le supprimer comme le demandent les organisations étudiantes et lycéennes. Une « consultation flash » du ministère de l'Enseignement supérieur examine les modifications possibles. Trois groupes de travail se réunissent en urgence depuis mercredi et doivent se poursuivre pendant « une douzaine de jours », selon le ministère.

Les organisations étudiantes boycottent les réunions

Les organisations étudiantes et les syndicats professionnels (Snes-FSU, CGT) ont boycotté ces réunions en raison de la présence du syndicat étudiant Uni, qu'ils qualifient d'« antisémite » et de « fasciste ». L'Unsa a quitté la réunion, dénonçant « une farce de consultation, puisque les revendications lycéennes ont été caricaturées et que le plan de solution proposé ne laisse aucune marge ».

Les lycéens manquent d'heures d'orientation

Les lycéens sont censés bénéficier de 54 heures d'orientation par an, soit 1 heure et 30 minutes par semaine. Or, selon un rapport parlementaire publié en février, ces heures ne sont pas réellement mises en œuvre. « Les professeurs principaux ont environ dix heures de face-à-face à effectuer, mais pas forcément inscrites dans l'emploi du temps (...) Cela est considéré comme volontaire », a déclaré Laetitia Aresu, secrétaire générale de la CFDT Éducation.

Les réformes compliquent le suivi des élèves

« Il s'agit d'introduire davantage d'orientation dès la seconde », a déclaré Gilles Roussel, président de cette consultation. La réforme Blanquer de 2018 a « éclaté les classes », ce qui rend plus difficile le suivi des élèves. Sur Parcoursup, les formations connaissent les lycées d'origine des candidats. La suppression de cette information est une revendication ancienne des lycéens, qui y voient une source d'inégalités.

Les responsables de l'enseignement supérieur font face à des difficultés

« La difficulté est que les établissements d'enseignement supérieur n'ont plus beaucoup de moyens pour évaluer les élèves », a déclaré un responsable de l'enseignement supérieur, sous couvert d'anonymat. « Ce n'est pas la majorité, mais il existe des formations qui regardent vraiment la position du lycée. » Cette possibilité « doit être mise sur la table », mais elle « implique davantage de complexités que certains ne veulent parfois le croire », selon M. Baptiste.

Appels à la transparence des critères de sélection

« Il y a une vraie question autour du contrôle continu », a déclaré Gilles Roussel, également président du comité éthique et scientifique de Parcoursup, qui recommande de disposer de notes de référence, comme une banque d'épreuves ou des questions à choix multiples standardisées. La consultation étudie la manière de rendre plus transparents « les critères de classement des candidatures ». Un rapport parlementaire publié en février recommandait de publier les algorithmes propres à chaque formation ou à chaque groupe de formations, ou d'indiquer comment les critères de sélection sont hiérarchisés.

Tensions autour des quotas d'étudiants

Pour le président de l'université Paris-Dauphine, Bruno Bouchard, il s'agit de « quelque chose qui pourrait être fait collectivement ». « À ce moment-là, il faudrait aller plus loin et publier non seulement l'algorithme, mais peut-être le score du dernier admis », estime-t-il. « Il existe de réelles tensions, notamment en Île-de-France (et) pour les élèves issus des baccalauréats professionnels et technologiques », a reconnu M. Baptiste, ouvrant la voie à la création de places, ce qui nécessiterait un budget. Les principales organisations étudiantes réclament la création de 250 000 places ; les présidents d'université, 2 000.

Propositions d'amélioration de la plateforme

« L'outil peut toujours être amélioré : le rendre plus ergonomique, plus simple, mieux adapté au parcours réel de l'utilisateur », a déclaré le ministre. L'hypothèse d'un changement de nom de la plateforme a également circulé, tout comme la modification du calendrier. Le ministre a indiqué attendre des membres de la consultation des « propositions concrètes et hiérarchisées », ainsi que des précisions sur leur faisabilité pour 2027 ou sur le délai nécessaire. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis des « premières décisions » lundi pour les étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines, notamment concernant Parcoursup. La carte des formations sera mise en ligne en décembre et les inscriptions ouvriront en janvier.