Les députés français débattent du remplacement de Parcoursup en 2028 : la gauche veut élargir l'accès à l'enseignement supérieur, la droite des critères de sélection plus stricts.
Débat sur le remplacement de Parcoursup en 2028
Lors d'un débat à l'Assemblée nationale, mercredi, les députés ont examiné différentes propositions visant à remplacer la plateforme Parcoursup, utilisée pour orienter les élèves vers l'enseignement supérieur en France. Les groupes de gauche ont plaidé pour un élargissement de l'accès à l'enseignement supérieur, tandis que la droite a mis l'accent sur des critères de sélection plus stricts pour l'entrée à l'université. Emmanuel Macron a soutenu le système actuel, tout en estimant qu'il fallait améliorer la transparence des critères d'admission.La gauche veut élargir l'accès à l'enseignement supérieur
Les députés de gauche ont proposé d'augmenter le nombre de places disponibles dans l'enseignement supérieur. La députée communiste Soumya Bourouaha a réclamé 250 000 places supplémentaires, en accord avec les revendications des syndicats de jeunesse, tandis que le député socialiste Pierrick Courbon a préconisé au moins 150 000 nouvelles places. Il a critiqué le système actuel, qu'il qualifie d'« outil de gestion de la pénurie ». L'écologiste Jean-Claude Raux a insisté sur la nécessité de garantir l'accès à l'enseignement supérieur à tous les titulaires du baccalauréat, en accordant une attention particulière aux académies locales.La France insoumise appelle à investir dans l'éducation
La France insoumise a demandé 10 milliards d'euros d'investissements supplémentaires dans l'éducation et l'enseignement supérieur. Le député Louis Boyard a critiqué Parcoursup, qu'il décrit comme une « plateforme de sélection au service de votre vision politique libérale », accusant les gouvernements précédents de favoriser l'enseignement privé. Le député du MoDem Frantz Gumbs a affirmé que Parcoursup « ne crée pas le problème, il le révèle », et a appelé à mieux accompagner les lycéens et à améliorer l'orientation professionnelle dans les établissements scolaires.La droite soutient une sélection plus stricte à l'université
À droite, plusieurs députés se sont prononcés en faveur d'un renforcement de la sélection à l'université. Virginie Duby-Muller, du parti LR, a proposé de transformer les prérequis des formations en conditions d'admission formelles et d'accroître le poids du baccalauréat dans la sélection. Philippe Fait, du parti Horizons, a défendu cette approche, estimant que la sélection « reviendra [...] un peu plus tard, mais de manière plus brutale et plus injuste » si elle n'est pas traitée dès l'entrée. Le député du Rassemblement national Roger Chudeau a suggéré de réduire le nombre de formations universitaires et de renforcer le contrôle des autorités académiques sur les procédures d'admission.Le gouvernement cherche un compromis avant la refonte de Parcoursup
Le gouvernement recherche un compromis avant la refonte prévue de Parcoursup. Une première « évolution majeure » est attendue à partir de l'année scolaire 2027, portant sur l'amélioration de la transparence des algorithmes utilisés dans le système. Un remplacement complet est prévu pour 2028, ce qui nécessitera une nouvelle loi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité de propositions concrètes et d'engagements, plutôt que de « slogans ou de promesses sans fondement sérieux ».Macron défend le système actuel et appelle à reconstruire la confiance
Emmanuel Macron a défendu la réforme actuelle du système lors d'un entretien accordé à HugoDécrypte sur YouTube. Il a affirmé que Parcoursup est « bien meilleur que ce qui existait auparavant », car il évite la loterie et informe les élèves sur les perspectives professionnelles. Il a toutefois reconnu que la plateforme « crée de la défiance, il faut donc la reconstruire ». Emmanuel Macron a mis en garde contre une réponse qui consisterait uniquement à augmenter les capacités d'accueil, estimant que l'idée selon laquelle une inscription de 100 % des bacheliers à l'université garantirait un avenir radieux « n'est pas vraie ».