Forges de Tarbes, dernière usine française de tubes d'obusier de 155 mm, demande un redressement judiciaire, suscitant des craintes de fermeture et pesant sur les livraisons militaires à l'Ukraine.
Une usine sollicite une restructuration judiciaire
Les Forges de Tarbes, seule usine française produisant des tubes d'obusier de 155 mm utilisés par les forces ukrainiennes, ont demandé une restructuration judiciaire, suscitant l'inquiétude des salariés et des responsables politiques. L'usine, détenue par Europlasma, emploie une soixantaine de salariés et constitue l'un des derniers vestiges de l'ancien arsenal de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées.Promesses non tenues et inquiétudes des salariés
Europlasma, propriétaire du site depuis deux ans, avait auparavant promis de moderniser l'usine afin d'augmenter les cadences de production à 15 000 tubes d'obusier par mois d'ici 2025. Toutefois, les salariés ont exprimé leur frustration face à des engagements d'investissement non tenus et au manque de communication de la direction.Lettre ouverte et appels à l'intervention de l'État
Dans une lettre ouverte publiée début octobre, les salariés ont déclaré se sentir abandonnés et non écoutés, et réclamé « l'intervention de l'État ». La situation s'est aggravée avec deux autres sites d'Europlasma, la Fonderie de Bretagne et Valdunes, qui sont soit en liquidation judiciaire, soit à la recherche d'un nouveau repreneur. José Navarro, syndicaliste à la CGT, a averti que l'usine se trouve en fait en état de cessation de paiements.L'entreprise confirme la restructuration et ses difficultés financières
Europlasma a confirmé dans un communiqué avoir demandé au tribunal de commerce de Tarbes une restructuration judiciaire, après avoir consulté le comité social et économique. La Direction générale de l'armement (DGA) a informé le procureur de Tarbes de « décisions de gestion récentes de l'entreprise qui semblent avoir accéléré la détérioration rapide » de sa situation financière. Europlasma a indiqué qu'elle se conformerait aux demandes des autorités.Élus régionaux et pressions juridiques
Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a dénoncé l'incertitude entourant l'usine et exhorté le gouvernement à agir et à investir pour maintenir le site. La préfecture des Hautes-Pyrénées a pris un arrêté exigeant la mise en conformité de certains équipements de l'usine d'ici décembre, sous peine de fermeture. Aurélien Saintoul, député LFI, a accusé Europlasma de « fraude » et a annoncé l'intention du groupe LFI de déposer un amendement demandant la nationalisation.