Le gouvernement français saisit la justice

Le gouvernement français a saisi la justice au sujet de la situation des Forges de Tarbes, la dernière usine française produisant des obus de 155 mm pour les canons Caesar. Cette décision fait suite à des inquiétudes concernant les récentes décisions de gestion prises au sein de l'entreprise, qui auraient aggravé sa situation financière.

La DGA suit la dégradation financière

La Direction générale de l'armement (DGA), l'agence française chargée des achats de défense, suit de près les Forges de Tarbes depuis cet été. Le délégué général Patrick Pailloux, représentant la DGA, a déclaré que les décisions récentes ont accéléré le déclin de l'entreprise et qu'une délégation de la DGA s'est récemment rendue à Tarbes pour évaluer ses activités.

Un nouvel actionnariat source d'inquiétudes

Les Forges de Tarbes ont été rachetées en 2021 par Europlasma, une société soutenue par le fonds d'investissement Alpha Blue Ocean, basé à Dubaï et aux Bahamas. Ce fonds recourt à un instrument financier appelé obligations convertibles assorties de bons de souscription d'actions (OCABSA). Or l'usine fait face à des difficultés croissantes, notamment une récente injonction des autorités locales lui demandant d'améliorer sa sécurité et sa conformité d'ici la fin de l'année.

Arrêts de production et inquiétudes sur les équipements

La production aux Forges de Tarbes a été interrompue entre la mi-août et la mi-septembre en raison de l'état préoccupant de machines vieillissantes. Les salariés se disent inquiets de l'état des équipements et des conséquences possibles de la reprise par KNDS, le fabricant des canons Caesar, des matières premières entreposées dans l'usine. Cette situation a semé la confusion et conduit les salariés à réclamer l'intervention du gouvernement.

Cession prévue des activités de défense

Europlasma, qui détient les Forges de Tarbes depuis 2021, est en négociations exclusives pour céder ses activités liées à la défense à un investisseur français non identifié, pour 150 millions d'euros. Cette opération fait suite à la reprise de la Fonderie de Bretagne, dont la liquidation était prévue faute de repreneurs. La DGA a critiqué le manque d'efforts pour trouver d'autres sources d'approvisionnement en obus, alors que 244 salariés se retrouvent sans emploi.