Les éleveurs français se tournent vers les veaux élevés au lait pour une meilleure valeur, mais la filière recule face à la hausse des prix et aux difficultés persistantes.
Production du veau de lait en France
La production de veaux de lait élevés sous leur mère ne représente que 3 % de l'ensemble des veaux en France. Ce secteur de niche, bien que modeste, présente un potentiel pour des produits à forte valeur ajoutée.La ferme de Franck Terrieux à Queyssac-les-Vignes
Franck Terrieux, ancien inspecteur laitier, exploite une ferme à Queyssac-les-Vignes, au sud du département de la Corrèze. Il gère 72 hectares avec 43 vaches limousines et est passé de l'élevage de veaux sous la mère à celui de veaux de lait.Routine quotidienne et spécificités de la production
Dans la ferme de Franck, les vaches sont conduites deux fois par jour dans un bâtiment où les veaux tètent dans des cases garnies de paille. Il consacre entre 30 et 90 minutes par jour aux soins des veaux. Son exploitation produit 26 veaux Label Rouge par an, pour un EBE de 44 485 €.Concentration géographique et recul de la filière
La production de veaux de lait est concentrée en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, avec 2 000 exploitations en 2025. Toutefois, leur nombre diminue, y compris en Corrèze, premier producteur, où le nombre de veaux recule également.La concurrence du veau sous la mère
La hausse des prix a conduit de nombreux éleveurs à délaisser le veau de lait au profit du veau sous la mère. Le veau de lait se valorise autour de 5 €/kg de poids vif, mais l'investissement en temps et la charge de travail peuvent dissuader certains producteurs.Réglementation et exigences d'alimentation
Le cahier des charges Label Rouge impose que 85 % de l'alimentation du veau provienne de la tétée. Celle-ci peut se faire auprès de la mère ou d'une vache laitière. Les veaux doivent être âgés de moins de cinq mois et demi et peser au maximum 175 kg.Génétique et qualité de la viande
Franck Terrieux mise sur la génétique pour améliorer la qualité de la viande. Il sélectionne des taureaux présentant un fort développement musculaire pour la boucherie et privilégie les qualités maternelles pour les reproducteurs. La viande est réputée pour sa couleur claire, sa tendreté et son persillé.Hausse des prix et retombées économiques
En 2025, le prix moyen du veau de lait a atteint 9,29 €/kg de carcasse, Franck parvenant jusqu'à 13 ou 14 €/kg. Cette hausse a contribué à retenir les éleveurs et à améliorer le revenu disponible, malgré des charges élevées.Résilience et attrait de la filière
La production de veau de lait offre un retour sur capital plus rapide et est moins sensible aux aléas climatiques. Elle convient bien aux petites exploitations et attire les femmes en raison de sa charge de travail maîtrisable. Franck encourage les jeunes agriculteurs à envisager ce mode de production pour sa qualité et son origine française.