Le Royaume-Uni cherche à rester impliqué dans l’initiative Made in Europe de l’UE, un projet visant à renforcer l’industrie européenne en encourageant l’utilisation de biens produits en Europe dans des secteurs clés comme l’énergie et la fabrication. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a récemment déclaré : « Nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne sommes pas le problème », soulignant que les entreprises britanniques pourraient souffrir si elles étaient exclues de cette initiative. La loi européenne proposée obligerait les entreprises des secteurs stratégiques, tels que l’industrie automobile et les énergies propres, à utiliser des biens fabriqués en Europe pour pouvoir prétendre aux financements publics. Les constructeurs automobiles britanniques, qui ont exporté pour 20 milliards d’euros vers l’UE en 2024, s’inquiètent de voir leur exclusion du label Made in Europe nuire à leur compétitivité, réduire leur production et limiter les choix des consommateurs. La France s’oppose fermement à l’inclusion du Royaume-Uni dans cette initiative, arguant que les fonds européens devraient profiter aux travailleurs et aux usines européennes. Le ministre français de l’Industrie, Sébastien Martin, a affirmé que le Royaume-Uni, ayant quitté l’UE, ne devrait pas s’attendre à bénéficier des programmes européens. À l’inverse, l’Allemagne a proposé une approche plus ouverte, suggérant un modèle Made with Europe qui permettrait à des pays non membres de l’UE, comme le Royaume-Uni ou le Canada, de participer s’ils remplissent des critères spécifiques. La Belgique a également plaidé pour une inclusion plus large, estimant que des pays comme le Royaume-Uni, la Suisse, le Canada, voire la Corée du Sud, pourraient faire partie de l’initiative s’ils respectent les règles de l’UE. Le débat sur la participation du Royaume-Uni à l’initiative Made in Europe devrait se poursuivre tout au long de l’année, avec des discussions dans les capitales européennes et au Parlement européen. Certains à Bruxelles ont proposé que le Royaume-Uni puisse apaiser les craintes européennes en réintégrant l’union douanière de l’UE, ce qui lui permettrait d’accéder aux marchés européens sans adhésion complète. Cependant, le gouvernement britannique a généralement rejeté cette idée, la jugeant contradictoire avec le Brexit, qui visait à retrouver le contrôle des décisions économiques et politiques du pays. Un projet de loi visant à réintégrer l’union douanière a échoué en décembre après un vote à égalité au Parlement, et le gouvernement britannique s’y oppose toujours officiellement. Le Premier ministre Burnham se trouve désormais dans une situation délicate, alors que le Royaume-Uni cherche à maintenir ses liens économiques avec l’UE tout en respectant le résultat du référendum sur le Brexit. La position du Royaume-Uni sur l’initiative Made in Europe et l’union douanière reste un enjeu majeur dans ses relations en cours avec l’Union européenne.