Un navire marchand a coulé il y a environ 2 100 ans au large d’Antalya, en Turquie, transportant une cargaison complète qui vient d’être récupérée par des plongeurs. Des archéologues sous-marins de l’université Akdeniz d’Antalya ont décrit dans leur rapport de terrain 2025, publié en mars 2026, la récupération d’une cargaison presque intacte de vaisselle fine au fond de la mer Méditerranée, au large des côtes turques. Les céramiques romaines de l’épave d’Adrasan, qui a sombré il y a plus de 21 siècles, sont désormais ajoutées à la collection du musée d’Antalya. Les plongeurs ont soigneusement retiré la cargaison, pièce par pièce, récupérant 6 511 objets intacts, incluant des assiettes, des bols et des plateaux, tous mélangés. Les fouilleurs ont identifié 122 formes et tailles différentes, allant des coupes à fruits aux plats à poisson. Par ailleurs, des milliers de fragments ont été envoyés au laboratoire de restauration de Kemer. L’épave repose entre 42 et 55 mètres de profondeur, obligeant les plongeurs à travailler avec l’assistance de robots sous-marins.
Cette vaisselle provient des ateliers de Rhosos, une ancienne cité aujourd’hui connue sous le nom d’Arsuz, située dans la province turque de Hatay. Des amphores, ces grands récipients de stockage, retrouvées à proximité, proviennent de la mer Égée, ce qui suggère que le navire a chargé sa marchandise dans plusieurs ports avant de longer la côte. Les assiettes étaient empilées dans des caisses en bois, et ces caisses contenaient également de l’argile tassée entre chaque pièce pour combler les espaces. Ce rembourrage a absorbé les chocs lorsque le navire a heurté le fond marin, permettant aux assiettes de se poser sans se briser. Le sable les a ensuite recouvertes, préservant leurs bords et leurs pieds. Le ministère turc de la Culture attribue la remarquable conservation d’un ensemble aussi complet à cet emballage soigné.
Des pièces de monnaie frappées à Antioche, retrouvées dans la cargaison, datent le naufrage du milieu du premier siècle avant notre ère. Le navire aurait probablement quitté Rhosos en direction de l’Italie, mais aurait heurté un récif lors d’une tempête. Cette reconstitution reste une hypothèse de travail que de futures fouilles devront confirmer. Marcus Tullius Cicero, célèbre orateur romain, a mentionné cette vaisselle dans une lettre adressée à son ami Atticus en 50 avant notre ère. Cicéron raconte qu’il avait commandé des pièces à Rhosos pour son usage personnel, disposant ces céramiques sur les tables les plus en vue de Rome, où le statut social s’affichait non seulement par la nourriture servie, mais aussi par l’origine de la vaisselle.
Les tables romaines étaient approvisionnées par un réseau que cette cargaison permet de mieux comprendre. Les pièces d’Antioche, les céramiques de Rhosos et les amphores égéennes suggèrent ensemble un itinéraire reliant l’ancienne Syrie, la mer Égée, la Grèce et les côtes italiennes. Les archéologues y voient la preuve d’un commerce organisé de biens de luxe, plutôt que d’un trafic côtier aléatoire. Les fouilles de l’Adrasan se poursuivent, et dix autres épaves ont été identifiées en 2025, quatre au large de Fethiye et six dans la province d’Antalya. À Kemer, les fragments sont nettoyés, consolidés, puis remontés un à un. Les 6 511 assiettes et bols intacts sont déjà entre les mains du musée d’Antalya.
Épave de céramiques romaines récupérée au large des côtes turques
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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