Henri Becker, résistant français et ingénieur, est décédé en 2023, célébré pour son courage pendant la Seconde Guerre mondiale et ses contributions aux infrastructures françaises.
Jeunesse et études
Henri Becker naît le 22 janvier 1925 dans le 11e arrondissement de Paris, au sein d'une famille juive d'origine alsacienne et lorraine. Brillant élève, il obtient son baccalauréat à l'âge de 15 ans, en juin 1940, à Saint-Nazaire, où sa famille s'était repliée.Études et premiers engagements dans la Résistance
De retour à Paris, il poursuit ses études en classe de mathématiques élémentaires au lycée Charlemagne. Refusant le régime de Vichy, il participe, le 11 novembre 1940 à Paris, à une manifestation place de l'Étoile pour protester contre l'occupation allemande et soutenir l'action du général de Gaulle.Activités de résistance à Grenoble
À la suite de la rafle du Vel d'Hiv, sa famille décide de gagner la zone Sud. Arrivé à Grenoble, il entre en deuxième année de mathématiques spéciales au lycée Champollion en octobre 1941. Fin 1942, il entre en contact avec le mouvement Combat et devient agent de liaison.Engagement dans les commandos du MUR
Au début de l'année 1943, après la consolidation des principaux mouvements de résistance de la zone Sud, Henri Becker rejoint les commandos des Mouvements unis de résistance (MUR). En décembre 1943, il est chargé de détruire à l'explosif le siège de la LVF, situé rue du Docteur-Mazet à Grenoble, ainsi que les établissements Dauphin.Opérations dans le Vercors
Au début de l'année 1944, les commandos du MUR s'installent dans une ferme de la région d'Autrans, dans le Vercors. Henri Becker participe alors à des attaques de mairies afin d'obtenir les tickets d'alimentation nécessaires au ravitaillement des maquis. Il est également chargé de conduire des étudiants désireux de rejoindre le Vercors, parmi lesquels le futur historien Marc Ferro.Arrestation et après-guerre
À la suite de l'attaque allemande contre le Vercors à la fin de juillet 1944 et de la dispersion des maquis, Henri se réfugie quelques jours dans la forêt de la Lente, puis rejoint Grenoble. De retour d'une mission, il est arrêté par la Gestapo le 18 août 1944. Torturé, il est transféré à la caserne de la Bonne et libéré par les Américains après le départ des Allemands de Grenoble.Carrière d'après-guerre et reconnaissance
Ingénieur des mines, il mène ensuite une carrière dans le bâtiment et devient un spécialiste reconnu de l'industrialisation de la construction. Il est notamment responsable de la gare de la Part-Dieu à Lyon, du Palais des festivals de Cannes et de la Grande Halle de La Villette. Après sa retraite de cadre d'entreprise en 1980, il entame une carrière d'expert judiciaire et de consultant, qu'il poursuit jusqu'en 2005.Dernières années et héritage
Il avait participé au défilé du 14 juillet 2023 pour commémorer l'esprit de la Résistance française et l'héroïsme de tous ceux qui, au milieu des défaites du courage, refusèrent le joug du fatalisme. Décoré de la Légion d'honneur et titulaire de la médaille de la Résistance française, Henri Becker meurt le 28 octobre 2023.