Vincent Malerba, apprenti soudeur de 18 ans, a participé à une manifestation interdite pendant la Seconde Guerre mondiale à Grenoble, a été déporté dans un camp nazi, puis est devenu un héros de la Résistance.
Jeunesse à Grenoble
Vincent Malerba est né au 34 rue Saint-Laurent, à Grenoble, un quartier surnommé « la petite Italie » au début du XXe siècle en raison du grand nombre de ses habitants d'origine italienne.Apprentissage et débuts professionnels
En 1943, il est apprenti soudeur aux Établissements Bouchayer-Viallet, des ateliers industriels de tôlerie. Il habite alors au 95 rue Saint-Laurent.Participation à une manifestation interdite
Le 11 novembre 1943, à seulement 18 ans, et malgré les recommandations de ses parents, il participe à la manifestation célébrant le 25e anniversaire de la victoire française de 1918 contre l'Allemagne, un défilé interdit par l'occupant, qui réunit 1 500 personnes. Au cours de cette manifestation, 600 manifestants sont arrêtés, dont 369 sont déportés. Seuls 102 reviendront de captivité.Détention et déportation
Cet épisode de la Seconde Guerre mondiale fait partie des événements connus sous le nom de « journées de la Saint-Barthélemy grenobloise ». Avec d'autres personnes arrêtées, il est détenu pendant quelques jours à la caserne de la Bonne, puis transféré au camp de Compiègne, où il reste deux mois avant d'être envoyé en Allemagne, au camp de concentration de Dora, qui dépend de Buchenwald. Il y reçoit le matricule 40250.Conditions dans les camps
Il est affecté au creusement d'un tunnel, puis au soudage et à l'assemblage de pièces de missiles V1 et V2. La discipline, les conditions de travail et la malnutrition décimaient les déportés : à son retour des camps en 1945, son poids avait fortement diminué et sa santé s'était considérablement dégradée. Il ne reprend des forces qu'après deux mois de convalescence à la campagne.Reconnaissance et engagement
Reconnu comme « déporté et interné de la Résistance (DIR), Forces françaises de l'intérieur (FFI) » par le ministère de la Défense, il figure sous ce titre sur le site Mémoire des hommes. Membre de la FNDIRP et de l'association Buchenwald Dora et Kommandos, fidèle au célèbre serment que ses camarades libérés du camp de Buchenwald prononcèrent solennellement le 19 avril 1945 au nom de tous les détenus, il témoigne lors de diverses commémorations.Dernières années et héritage
En 2023, il vivait à Montbonnot-Saint-Martin, une commune proche de Grenoble. Il est décédé le 30 octobre 2025. Officier de la Légion d'honneur. Croix du combattant volontaire de la Résistance.