Le cadmium, un métal lourd présent dans de nombreux produits du quotidien comme les pâtes, le riz, le chocolat, les cigarettes, et même l’air, se retrouve dans une part significative des denrées alimentaires, selon un récent rapport de l’Anses, l’agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Dans sa troisième grande étude sur la nutrition, l’Anses a constaté que 89 % des produits alimentaires analysés contenaient du cadmium. Ce métal est connu depuis des décennies pour ses effets nocifs sur la santé humaine, et les recherches en cours continuent de révéler de nouveaux problèmes de santé liés à sa présence. Bien qu’il soit difficile d’attribuer un nombre précis de décès directement à l’exposition au cadmium, il est établi que ce métal augmente le risque de mortalité en contribuant à diverses maladies. Depuis 1993, le cadmium est classé comme un « cancérogène certain pour l’homme » par l’Organisation mondiale de la santé. Il est fortement associé au cancer du poumon chez les travailleurs exposés dans des secteurs comme la production d’engrais, l’exploitation minière, la métallurgie, la fabrication de produits chimiques, l’incinération des déchets et le recyclage des batteries. Les organismes de santé suspectent qu’il pourrait également contribuer à d’autres types de cancers dans la population générale, comme ceux du pancréas, de la vessie, du nasopharynx, de la prostate et du sein. Cependant, les preuves de ces liens sont encore en cours de collecte et ne sont pas encore pleinement confirmées. Une fois dans l’organisme, le cadmium peut y persister longtemps, notamment dans les reins et les os. L’Anses souligne que même de faibles niveaux de cadmium peuvent causer des dommages rénaux, pouvant éventuellement mener à une insuffisance rénale et affaiblir les os, augmentant ainsi le risque d’ostéoporose et de fractures. Xavier Coumoul, toxicologue à l’Inserm, explique que le cadmium peut rester dans les reins pendant 10 à 30 ans et dans les os pendant plusieurs années. Cette présence à long terme en fait un sujet de préoccupation majeur pour la santé humaine. Le cadmium peut également affecter la santé reproductive, tant chez les hommes que chez les femmes. En tant que perturbateur endocrinien, il interfère avec le fonctionnement hormonal. Certaines études ont détecté des traces de cadmium dans le sperme, suggérant un possible lien entre l’exposition environnementale et les problèmes de fertilité. Bien que le cadmium ne provoque pas toujours l’infertilité, il est considéré comme un mutagène, c’est-à-dire qu’il peut entraîner des défauts génétiques héréditaires ou augmenter le risque d’anomalies génétiques. Les enfants sont particulièrement vulnérables à l’exposition au cadmium. L’Anses estime que entre 23 % et 27 % des enfants dépassent la dose journalière tolérable de cadmium. Chez les enfants, cette exposition peut entraîner des troubles du développement neurologique, notamment des problèmes de motricité, de perception sensorielle et de capacités cognitives, qui nécessitent une surveillance attentive. Pour réduire l’exposition, il est recommandé d’adopter une alimentation variée afin d’éviter une exposition répétée à un même contaminant. Pour les fumeurs, les cigarettes contribuent de manière significative à l’apport en cadmium – jusqu’à 43 % de leur exposition –, tandis que l’alimentation représente environ 55 %. Les fumeurs ont en moyenne une exposition au cadmium 50 % plus élevée que les non-fumeurs, ce qui fait de l’arrêt du tabac une étape cruciale pour réduire les risques.