Alors que les étudiants se mobilisent depuis plusieurs jours pour réclamer de meilleures conditions d’apprentissage, le gouvernement a présenté, jeudi 1er octobre, le projet de loi de finances pour 2027. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé une hausse de 1,2 milliard d’euros du budget de l’Enseignement scolaire, le portant à un peu plus de 64 milliards d’euros, hors cotisations retraite de l’État. Cette augmentation intervient dans un contexte de rigueur budgétaire et alors que le texte est discuté dans une atmosphère tendue à l’Assemblée nationale. À noter que cette hausse budgétaire survient alors que les effectifs scolaires sont en baisse. Pour l’année scolaire 2026, 180 000 élèves en moins sont attendus, après un recul de 160 000 élèves cette année. En réponse à ce déclin, 1 588 postes d’enseignants seront supprimés dans les secteurs public et privé, dont 1 250 dans le public : 414 au primaire et 836 au secondaire. Le ministère souligne que ce chiffre reste bien inférieur aux 9 600 suppressions qui auraient été nécessaires, selon les seuls effets démographiques, pour maintenir le ratio actuel d’encadrement. Le projet de loi de finances 2027 prévoit la création de 1 804 emplois, parmi lesquels 1 300 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), 209 conseillers principaux d’éducation et 304 postes pour renforcer les effectifs médicaux et sociaux. Il prévoit également 3 041 ETP (équivalents temps plein) pour les lauréats de concours. En revanche, aucun financement n’est alloué à la mise à jour des manuels scolaires, malgré une baisse globale des crédits pédagogiques. Le gouvernement instaure par ailleurs des droits d’inscription pour les étudiants non boursiers : 178 euros par an pour les BTS (brevets de technicien supérieur) et 270 euros pour les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Cette mesure devrait rapporter 300 millions d’euros de recettes. Les boursiers, les élèves de la Nation et de la République, ainsi que les étudiants réfugiés ou demandeurs d’asile en sont exonérés. À noter que la moitié des 217 000 étudiants en BTS bénéficient d’une bourse. Si le montant récupéré n’est pas colossal, cette politique interroge sur la possibilité d’une extension des droits d’inscription. Interrogé sur cette mesure, le ministre a indiqué qu’elle serait soumise à débat parlementaire et qu’il n’avait « aucun problème » avec d’éventuels amendements. Toutefois, avec l’inflation, cette hausse budgétaire revient en réalité à un gel des dépenses actuelles. Le budget prévoit par ailleurs le maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires, ce qui impacte leurs revalorisations salariales.