La fréquentation touristique dans les Pyrénées-Orientales a reculé de 4,4 % en 2026, sous l'effet de la chaleur, des incendies et de la baisse des budgets, mais certaines zones ont progressé.
Baisse de la fréquentation touristique dans les Pyrénées-Orientales
La fréquentation touristique dans les Pyrénées-Orientales a reculé de 4,4 % au cours de l'été 2026, avec près de 21 millions de nuitées enregistrées entre mai et septembre, en baisse par rapport à l'année précédente. Le rapport de l'Agence de développement touristique (ADT) souligne une activité affaiblie par les fortes chaleurs, les incendies et les contraintes budgétaires des vacanciers.Un recul estival aggravé par plusieurs facteurs
La fréquentation a commencé à diminuer en juin, poursuivant son repli en juillet et en août, ce dernier mois enregistrant une baisse d'environ 4 % par rapport à l'année précédente. Plusieurs facteurs se sont conjugués pendant l'été, notamment des épisodes de canicule et des « difficultés de pouvoir d'achat aggravées par la hausse des prix des carburants », comme l'a relevé l'ADT. Les incendies de Canet-en-Roussillon et du Conflent, au début du mois de juillet, ont également marqué la saison.Des entreprises touchées de manière généralisée
Une enquête menée par la Chambre de commerce et d'industrie des Pyrénées-Orientales avec l'association des professionnels des loisirs montre que 60 % des répondants ont été affectés par ces événements. Parmi les entreprises touchées, 73 % font état d'une baisse de la fréquentation liée à la couverture médiatique des incendies, et 45 % ont subi des annulations de réservations.Le littoral recule, la montagne progresse
Le littoral, qui représente environ 60 % des nuitées du département, termine ainsi la saison en baisse de 6 %. La montagne, en revanche, a enregistré une hausse, notamment en juillet et en septembre. L'ADT note que ce territoire a « indéniablement bénéficié d'un fort niveau d'attractivité auprès des visiteurs en quête de fraîcheur ». Perpignan a également réussi à tirer son épingle du jeu, avec de bons résultats sur plusieurs périodes, contrairement à certains secteurs de l'intérieur, notamment les Albères, le Vallespir et les Fenouillèdes.Des effets variables selon les secteurs
Ces écarts territoriaux se reflètent dans les chiffres des professionnels. Les hôtels ont globalement maintenu des taux d'occupation proches de ceux de 2025, malgré des disparités importantes selon les établissements. Les agences immobilières spécialisées dans la location de vacances ont enregistré une progression de 2 à 4 % selon les mois. À l'inverse, les chambres d'hôtes ont connu une baisse fréquentation de 4 à 5 % sur la saison.La restauration particulièrement touchée
Le secteur de la restauration figure parmi les plus affectés. Selon l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), la fréquentation a diminué de 15 à 20 %, en raison notamment des fortes chaleurs à l'heure du déjeuner et des arbitrages financiers des clients. Les activités de loisirs ont également connu ce ralentissement, même si les sites naturels, en particulier ceux disposant de points d'eau, ont mieux résisté que les musées et les sites patrimoniaux.Des comportements touristiques en évolution
Au-delà de ces résultats, l'agence observe une évolution des comportements touristiques. Les visiteurs issus des départements voisins, comme l'Hérault et la Haute-Garonne, ont été les plus nombreux à venir passer leurs vacances dans les Pyrénées-Orientales. À l'international, l'Espagne reste le premier marché étranger, avec une fréquentation stable, tandis que la clientèle allemande progresse. La présence de visiteurs belges, néerlandais et britanniques, en revanche, recule.De nouvelles tendances et de nouveaux défis
Les vacanciers semblent désormais privilégier des destinations plus accessibles, des séjours courts et les offres promotionnelles. Les réservations de dernière minute se multiplient également, compliquant l'organisation des professionnels. L'ADT met en avant l'importance de la « recherche de bonnes affaires, d'offres tout compris » et de la « comparaison constante des offres ». Ces nouvelles habitudes s'ajoutent aux effets du changement climatique et au rôle grandissant des outils numériques, notamment de l'intelligence artificielle, dans le choix des destinations.Des perspectives tournées vers l'adaptation
Aude Vivès, présidente de l'ADT, insiste sur la nécessité de mieux comprendre les « nouvelles attentes, nouveaux clients, nouvelles façons de découvrir et de vivre le territoire ». Une démarche d'adaptation que le Département des Pyrénées-Orientales entend poursuivre en 2027, avec l'ambition, selon sa présidente Hermeline Malherbe, de « faire autrement, avec notre territoire et pour celles et ceux qui le font vivre ».