Une étude suggère que l’intelligence artificielle pourrait repérer des signaux liés au diabète de type 2 en seulement 20 secondes de parole. Cette méthode reste expérimentale, mais elle ouvre des perspectives prometteuses, d’autant que de nombreux patients ignorent qu’ils sont atteints de cette maladie. L’objectif n’est pas de remplacer les analyses sanguines traditionnelles, mais de faciliter l’identification des personnes qui devraient passer un dépistage, notamment celles qui consultent rarement un médecin. Le diabète de type 2 peut en effet s’installer sur une longue période sans symptômes suffisamment marqués pour inciter à consulter un professionnel de santé. C’est ce défi que tente de relever une nouvelle approche développée par l’organisation Thymia en collaboration avec l’université RMIT de Melbourne. Le principe est simple : enregistrer sa voix pendant environ 20 secondes, via un téléphone ou une application, puis laisser l’intelligence artificielle analyser des caractéristiques imperceptibles à l’oreille humaine. L’algorithme examine le ton, le rythme de la parole, certains paramètres acoustiques et la manière dont la personne contrôle sa respiration. Pour entraîner le modèle, les chercheurs ont utilisé 63 283 enregistrements vocaux issus de 21 129 personnes au Royaume-Uni et aux États-Unis. Ils l’ont ensuite testé sur 7 319 adultes britanniques, à qui l’on a demandé de lire un passage des Fables de La Fontaine pendant environ 20 secondes. Parmi eux, 217 personnes ont déclaré être atteintes de diabète de type 2. Les résultats, présentés lors du congrès de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD) à Milan, sont encourageants. Dans 80 % des cas, l’IA a attribué un score de risque plus élevé aux personnes diabétiques. Sa sensibilité a atteint 82 %, même si le taux de faux positifs s’élève à 47 %.