Le parcours philosophique de Marie Robert a commencé par la question suivante : « Réfléchir à la mort aide-t-il à mieux vivre ? » Cette interrogation existentielle a marqué un tournant dans sa vie, l’incitant à étudier la philosophie à la Sorbonne après le lycée. Elle a ensuite enseigné à l’université Paris V et publié son premier ouvrage, un travail philosophique à la fois pédagogique et ludique, intitulé Kant tu ne sais quoi faire… il reste la philo (Flammarion / Versilio, 2018). Ce livre explore comment les philosophes pourraient aborder des situations du quotidien, comme ce que Spinoza ferait chez IKEA. Ses fréquents passages dans ce magasin s’inscrivaient alors dans un projet professionnel visant à créer une école alternative avec son futur mari. Cette école, initialement inspirée par son expérience au seul lycée Montessori de France, compte désormais huit établissements. La passion de Marie Robert pour le partage du savoir, qu’elle exprime à travers l’enseignement ou l’écriture, est étroitement liée à son intérêt pour le langage, notamment les travaux de Ludwig Wittgenstein, qui ont constitué le cœur de sa spécialisation après son master. Son objectif ? Rendre la langue accessible à tous, un défi qui reste au cœur de sa démarche de vulgarisatrice. Elle utilise divers supports, comme son podcast Philosophy is sexy ou ses publications sur Instagram, pour stimuler l’esprit de son public. Son nouvel ouvrage, La puissance du lien, s’inscrit dans cette mission en rendant des questions complexes accessibles et en s’adressant directement au lecteur. Son style d’écriture se distingue par un sens du lien, peut-être hérité de sa famille d’artisans et de commerçants, et par un goût prononcé pour le récit, qu’elle qualifie de « tropisme familial » en raison des nombreux romans lus chez elle. Dans La puissance du lien, elle endosse le rôle de coach de vie, prodiguant des conseils pratiques enrichis par une connaissance approfondie d’auteurs classiques et contemporains, parmi lesquels Aristote, Kierkegaard, Arendt, Éric Fiat, Byung-chul Han et Sophie Galabru. L’ouvrage aborde différents aspects des relations humaines à travers des chapitres consacrés à des étapes clés de la vie personnelle et sociale, comme « faire un couple », « faire une famille », « faire une équipe » ou « faire une société ». Chaque chapitre se conclut par des exercices d’introspection inspirés des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, soulignant l’importance des petites actions, patientes et souvent invisibles, dans la construction de liens significatifs. Il s’agit de gestes simples, de mots ou de marques de reconnaissance, comme dire « bonjour » ou « merci » en nommant la personne.