Le procès de Rémy Daillet, ancien influenceur YouTube installé en Malaisie et chef d’un groupe conspirationniste d’extrême droite, se poursuit devant le tribunal correctionnel de Paris. Daillet est jugé aux côtés de quatorze autres personnes pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, ainsi que pour complicité d’enlèvement d’un mineur par ascendant. Le procès inclut des accusations selon lesquelles Daillet aurait organisé l’enlèvement d’une fillette de 8 ans, Mia M., en 2021, afin de la remettre à sa mère, Lola, qui avait perdu la garde de l’enfant. La mère de Mia a témoigné au procès pour complicité dans l’enlèvement et le déplacement d’un mineur par ascendant. Lors de l’audience, Daillet, qui a autrefois représenté le parti MoDem, a adopté une attitude professorale, prenant des notes et s’adressant à la cour avec assurance. Il a revendiqué l’organisation de l’enlèvement de Mia M. et la préparation d’un coup d’État, mais il a présenté son rôle comme celui d’un rassembleur d’individus pour les « réarmer moralement » et les empêcher d’agir de manière violente. Daillet a également évoqué des théories du complot sur l’État profond, les vaccins et le gouvernement américain, affirmant utiliser ces récits pour toucher une « opinion particulièrement inquiète ». Daillet a été interrogé sur les éléments antisémites présents dans l’affaire et a répondu en invoquant des événements historiques, dont les procès de Nuremberg, affirmant que les accusés n’avaient pas le droit de contester les accusations. Il a affirmé parler d’une « nuisance politique » plutôt que de violence physique. Face à des preuves, il a imputé la responsabilité à une adresse e-mail « France Royale », utilisée par plusieurs personnes, dont lui-même, mais a refusé de les nommer. Daillet s’est décrit comme une « autorité morale » dotée d’un droit de veto, légitimant ses actes par un récit construit. Il a cité des figures historiques comme Jeanne d’Arc, le général de Gaulle et « François Bayrou », se présentant comme un élu chargé de sauver la France. Il a détaillé une organisation divisée en branches militaires et politiques, incluant un bureau politique international, un vivier d’avocats et un état-major. Il s’est proposé comme futur roi et a décrit son mouvement comme comptant entre 20 000 et 30 000 sympathisants. Daillet a également évoqué des projets de « formation et d’ajustement des troupes » par le biais de la « sauvetage d’enfants » placés « abusivement » par le juge. Interrogé sur sa légitimité concernant le placement de Mia M., il a reconnu que ses positions de 2021 « paraissent limitées aujourd’hui ». Il s’est décrit comme un citoyen tentant de sauver quelqu’un « dans une voiture en feu ». Daillet, passible de dix ans de prison, a affirmé que l’enquête se dirigeait dans la mauvaise direction et que certains mots trompaient la cour. Il s’est présenté comme « formidable pour le système du point de vue intellectuel » et a assuré ne pas être dangereux.